La Hongrie se rapproche du déblocage de 10 milliards d’euros de fonds de relance européens
La Hongrie progresse régulièrement vers le respect des conditions de l’Union européenne pour libérer environ 10 milliards d’euros de fonds de relance gelés, les autorités des deux côtés indiquant que le pays est en passe de satisfaire à tous les critères restants avant une date limite fixée à fin août.
Selon des rapports citant des sources à Budapest et au sein de la Commission européenne, environ deux tiers des étapes requises pour débloquer les fonds ont déjà été satisfaits. Les critères restants, liés à l’indépendance judiciaire, aux mesures anticorruption et aux réformes de l’État de droit, seraient en cours d’avancement dans les canaux législatifs et administratifs appropriés en Hongrie.
Les fonds en question font partie de l’allocation hongroise au titre du Mécanisme de relance et de résilience (MRR) de l’UE, un instrument paneuropéen d’une valeur de centaines de milliards d’euros conçu pour aider les États membres à reconstruire et moderniser leurs économies suite aux perturbations causées par la Covid-19. La part hongroise est bloquée depuis plusieurs années en raison des préoccupations persistantes de Bruxelles concernant les dérives démocratiques et l’insuffisance des mesures de protection contre les détournements de fonds publics.
Un différend de longue date approche de son dénouement
L’impasse entre Budapest et la Commission européenne a été l’un des différends les plus longs et les plus politiquement chargés de l’histoire récente de l’UE. Le bloc a gelé les fonds hongrois en raison de préoccupations concernant l’indépendance des tribunaux, la transparence des processus de marché public et la concentration du pouvoir autour du gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán. La Hongrie, de son côté, a contesté à plusieurs reprises la caractérisation de son bilan en matière de gouvernance et maintenu que les conditions imposées vont au-delà de ce qui est légalement requis en vertu des traités de l’UE.
Au cours des derniers mois, cependant, les deux parties semblent avoir adopté une posture plus conciliante. Le gouvernement hongrois a introduit une série d’amendements législatifs visant à répondre aux objections de la Commission, et Bruxelles a signalé son intention de progresser à condition que les réformes soient mises en œuvre dans les faits et non simplement sur le papier. Les autorités ont déclaré que le calendrier d’août reste réalisable si le rythme actuel des progrès se maintient.
La libération potentielle des fonds représenterait un stimulus économique significatif pour la Hongrie, dont l’économie a connu des vents contraires considérables ces dernières années, notamment une inflation élevée, des pressions de change et une croissance morose. L’accès aux fonds de relance de l’UE pourrait contribuer au financement de projets d’infrastructure, d’initiatives de transformation numérique et d’investissements dans les énergies vertes que Budapest a eu du mal à financer de manière autonome.
Les analystes ont noté, toutefois, que le processus n’est pas sans risques. La Commission conserve le pouvoir de retenir les décaissements si elle conclut que les réformes ont été annulées ou insuffisamment mises en œuvre. Les mécanismes de suivi intégrés au MRR signifient que la Hongrie devrait démontrer une conformité durable plutôt que simplement de satisfaire aux critères de référence à un moment donné. Les critiques du gouvernement hongrois ont exhorté Bruxelles à appliquer un examen rigoureux avant de libérer une quelconque tranche de fonds.
Si la date limite est respectée et que la Commission confirme la conformité de la Hongrie, le décaissement marquerait un changement notable dans l’un des différends internes les plus visibles de l’UE — et pourrait avoir des implications politiques plus larges pour la manière dont le bloc gère l’application de l’État de droit auprès des États membres dans les cas futurs.
