L’espace Schengen : la libre circulation expliquée
L’espace Schengen est l’une des réalisations les plus tangibles — et les plus politiquement contestées — de l’intégration européenne. Pour la plupart des voyageurs qui passent de la France à l’Allemagne, ou de l’Espagne au Portugal, cela signifie pas de passeport, pas de poste-frontière, pas de file d’attente.
Ce qu’il est, en une phrase
L’espace Schengen est une zone de libre circulation des personnes couvrant la majeure partie de l’Europe, où les contrôles systématiques aux frontières intérieures ont été abolis, et où des règles communes régissent les frontières extérieures, les visas de court séjour et la coopération policière. Il tient son nom du village de Schengen, au Luxembourg, où l’accord initial de 1985 a été signé.
Qui en fait partie
L’espace Schengen comprend actuellement la plupart des États membres de l’UE, plus quatre pays non-membres : Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein. Deux membres de l’UE — l’Irlande et (historiquement) le Royaume-Uni — se sont retirés de Schengen.
La libre circulation : un concept en couches
La libre circulation en Europe n’est pas une chose unique — c’est un ensemble de droits superposés :
- La libre circulation des citoyens de l’UE existe dans toute l’Union, indépendamment de Schengen.
- La libre circulation Schengen couvre les déplacements sans contrôles aux frontières intérieures.
- La politique commune des visas fait qu’un visa Schengen est valable dans toute la zone pour des séjours de 90 jours sur 180.
Frontières extérieures et Système d’information Schengen
Sans contrôles intérieurs, la solidité des frontières extérieures devient cruciale. Les États Schengen partagent le code frontières Schengen. Ils coopèrent via Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières, et partagent le Système d’information Schengen (SIS).
Le rétablissement des frontières intérieures
Les règles Schengen permettent le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures dans des circonstances exceptionnelles. Plusieurs pays ont eu recours à cette clause à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie.
Pourquoi cela compte
Schengen est, pour la plupart des Européens, le bénéfice quotidien le plus visible de l’intégration européenne. C’est aussi le plus fragile : chaque crise — terrorisme, pic migratoire de 2015, COVID-19, guerre en Ukraine — a mis ses règles à l’épreuve.
