L’inflation de la zone euro confirmée à 3,0% en avril, la BCE maintient ses taux à 2%

Eurostat a confirmé aujourd’hui, 20 mai 2026, que l’inflation annuelle dans la zone euro a atteint 3,0 % en avril, en hausse par rapport à 2,6 % en mars et le plus haut niveau depuis septembre 2023. Ce chiffre est significativement supérieur à l’objectif de 2,0 % de la Banque centrale européenne et reflète une accélération brutale des prix de l’énergie liée à la guerre en Iran. La BCE a maintenu ses trois principaux taux d’intérêt inchangés le 30 avril, le taux de la facilité de dépôt se situant à 2,00 %.

L’énergie propulse la hausse

La ventilation de l’indice harmonisé des prix à la consommation révèle que l’énergie a été de loin le principal contributeur à l’accélération. Les prix de l’énergie ont augmenté de 10,8 % en avril par rapport au même mois l’année précédente, la plus forte hausse annuelle depuis février 2023, due aux contraintes d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient. Ce chiffre représente un doublement par rapport à la lecture d’inflation énergétique de 5,1 % en mars.

L’inflation dans les biens industriels non énergétiques a également augmenté, passant à 0,8 % en avril contre 0,5 % en mars, tandis que l’inflation des produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac a atteint 2,4 % (largement stable par rapport à mars). L’inflation des services s’est modérée à 3,0 % contre 3,3 % le mois précédent. Le taux cœur, qui exclut l’énergie, l’alimentation, les boissons alcoolisées et le tabac, a légèrement diminué à 2,2 % contre 2,3 %.

Les divergences nationales s’élargissent

Parmi les plus grandes économies de la zone euro, l’inflation a accéléré en Allemagne (à 2,9 %), en France (à 2,5 %), en Italie (à 2,9 %) et en Espagne (à 3,5 %). L’écart entre les lectures nationales les plus hautes et les plus basses s’est considérablement élargi depuis le début de la guerre en Iran, les économies périphériques étant plus exposées à la transmission des prix de l’énergie que le cœur. Dans toute l’UE, la Roumanie et la Croatie continuent d’enregistrer les taux annuels les plus élevés, tandis que le Danemark, la Tchéquie, Chypre et la Suède affichent les taux les plus bas.

La situation de blocage de la BCE

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, réuni le 30 avril, a laissé les trois principaux taux d’intérêt de la BCE inchangés. Cette décision a marqué le septième hold consécutif après les réductions de 2025. Selon la déclaration officielle, bien que les informations entrantes aient été largement cohérentes avec l’évaluation précédente de la perspective d’inflation, les risques haussiers pour l’inflation et les risques baissiers pour la croissance se sont intensifiés.

La présidente Christine Lagarde, s’exprimant lors de la conférence de presse suivant la décision, a indiqué que le choix de maintenir les taux avait été pris à l’unanimité et qu’une possible hausse des taux avait été longuement discutée. Le Conseil des gouverneurs est prêt à ajuster tous ses instruments pour assurer que l’inflation se stabilise à 2 % à moyen terme. Lagarde a également réitéré son intention de rester en poste malgré les spéculations récentes, déclarant à Bloomberg TV : « Ce capitaine ne va pas abandonner le navire, car je vois des nuages à l’horizon. »

Les préoccupations concernant la stagflation s’intensifient

La combinaison d’une inflation accélérée et d’une croissance faible a ravivé les préoccupations relatives à la stagflation pour la première fois depuis le début des années 1980. Le PIB de la zone euro s’est accru de seulement 0,1 % au premier trimestre 2026, selon les données préliminaires. Les économistes de Berenberg ont averti que la guerre en Iran frappe maintenant « de plein fouet les économies européennes » et que le détroit d’Ormuz restant largement fermé produira probablement une période de stagflation dans la zone euro et au Royaume-Uni.

La prochaine réunion de l’Eurogroupe se tiendra le 22 mai 2026, suivie d’une réunion informelle des ministres des affaires économiques et financières les 22 et 23 mai, au cours de laquelle la perspective macroéconomique et le mélange politiques approprié entre les instruments budgétaires et monétaires devraient dominer les discussions.

Sources : communiqué Eurostat IHPC d’avril 2026 (20 mai 2026) ; communiqué de presse de la BCE sur les décisions de politique monétaire (30 avril 2026) ; analyse Berenberg ; CNBC ; Trading Economics.

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