REPowerEU en action : les contrats court terme de GNL russe interdits à partir du 25 avril 2026, le gazoduc dès le 17 juin

Les premières interdictions contraignantes du règlement REPowerEU sur le gaz — l’instrument juridique transformant l’engagement de l’UE à cesser les importations de combustibles fossiles russes en droit contraignant — ont pris effet le 25 avril 2026. À compter de cette date, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe en vertu de contrats court terme conclus avant le 17 juin 2025 sont interdites. Le gaz par gazoduc en vertu de contrats court terme suit le 17 juin 2026, et une interdiction complète du GNL s’applique à partir du 31 décembre 2026. Le gaz par gazoduc en vertu de contrats long terme doit cesser au 30 septembre 2027 — prorogé au plus tard au 1er novembre 2027 si les objectifs de stockage l’exigent.

L’architecture juridique

Le règlement — UE/2026/261 — a été publié au Journal officiel le 2 février 2026 et est entré en vigueur le 3 février. C’est, en termes institutionnels européens, un instrument tranchant : directement applicable dans tous les États membres, assorti de sanctions harmonisées en cas de non-conformité, et construit autour d’un régime d’autorisation préalable pour les importations de gaz naturel. Les autorités d’autorisation ou douanières vérifient désormais, document par document, si chaque cargo provient d’une source russe. Les États membres ont soumis des plans de diversification nationaux au 1er mars 2026 ; la Commission les évalue actuellement et publiera des recommandations.

De 45 % à 13 % — et la tendance continue

Le contexte politique est la transformation quadriennale du système énergétique européen depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. La dépendance de l’UE au gaz russe est passée de 45 % des importations totales avant la guerre à environ 12 % en 2025. Le charbon russe est totalement interdit. Les importations de pétrole russe ont chuté de 27 % au début 2022 à environ 2 % — seuls deux pays de l’UE continuent d’importer du brut russe. Les quelque 35 milliards de mètres cubes restants de gaz russe annuellement — valant environ 10 milliards d’euros — seront progressivement éliminés au cours de 2026 et 2027.

Le vingtième paquet de sanctions

Le Conseil a adopté son 20e paquet de sanctions le 23 avril 2026, complétant le règlement sur le gaz par des mesures ciblées : interdiction pour les entreprises européennes de vendre des navires-citernes utilisés dans les opérations de la flotte fantôme russe, restrictions sur les services d’entretien des méthaniers russes et des brise-glaces, interdiction de fournir les services des terminaux de GNL russes à partir de 2027, et quota sur les importations d’ammoniac. Le paquet renforce également les mesures du système financier et ajoute d’autres personnes à la liste des sanctions.

Hongrie, Slovaquie et TurkStream

Deux États membres — la Hongrie et la Slovaquie — importent toujours des volumes significatifs de gaz russe via le gazoduc TurkStream. Tous deux ont soumis des plans de diversification avant la date limite de mars ; tous deux ont publiquement résisté à ce qu’ils considèrent comme des règles économiquement pénalisantes. Le règlement prévoit une flexibilité transitoire limitée pour les pays enclavés et pour les États membres confrontés à des risques avérés de sécurité d’approvisionnement, mais les dates limite contraignantes s’appliquent à tous.

La législation pétrolière reportée

Une proposition prévue de la Commission pour une interdiction juridique permanente des importations de pétrole russe a été retirée de l’agenda le 15 avril après la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a déclenché un resserrement de l’approvisionnement mondial en pétrole. Une législation distincte devrait être présentée d’ici la fin 2027 pour mettre formellement fin aux flux pétroliers russes restants. Entre-temps, les sanctions et les plans de diversification soumis en vertu du règlement sur le gaz continuent de contraindre les revenus pétroliers russes.

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