Le Parlement européen appelle à une définition à l’échelle de l’UE du viol fondée sur l’absence de consentement

Le 30 avril 2026, le Parlement européen a voté en faveur d’un rapport non législatif appelant la Commission européenne à présenter des propositions pour une définition pénale à l’échelle de l’UE du viol fondée sur l’absence de consentement librement donné, éclairé et révocable. Le vote met fin — au niveau parlementaire — à une longue campagne menée par les associations d’aide aux victimes et les groupes pour l’égalité, et rouvre une question difficile pour l’architecture législative de l’UE : où, exactement, l’Union a-t-elle compétence pour agir contre les violences sexuelles graves.

Ce que demande le rapport

La recommandation centrale du rapport est que le seuil juridique du viol dans l’UE devrait reposer sur la présence ou l’absence de consentement, et non sur l’usage ou la menace de la force par l’auteur ou sur l’incapacité de la victime. Cette norme « oui veut dire oui » est déjà inscrite dans le code pénal d’environ la moitié des États membres de l’UE, notamment l’Espagne, la Suède, la Belgique, l’Allemagne, la Grèce, la Croatie, la Slovénie et Malte. D’autres — dont la France — appliquent des définitions fondées sur la force qui, selon les critiques, font peser des charges probatoires indues sur les victimes.

La question de la base juridique

Le principal obstacle n’est pas politique mais juridique. L’UE dispose d’une compétence explicite pour adopter des règles pénales minimales sur une liste définie de crimes transfrontaliers énoncée à l’article 83(1) du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — terrorisme, traite des êtres humains, exploitation sexuelle des femmes et des enfants, trafic illicite de drogues, etc. La question de savoir si le « viol » en tant qu’infraction autonome relève de cette liste a été contestée par les États membres pendant des années, certains gouvernements — notamment la France — soutenant que le viol domestique se situe en dehors de la compétence de l’UE.

La directive 2024 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes incluait la plupart des éléments souhaités par les militants mais, face à l’opposition d’un petit groupe de gouvernements, a finalement omis une définition contraignante du viol fondée sur le consentement. Le rapport d’avril 2026 est, en partie, une tentative de rouvrir ce débat maintenant que les conditions politiques ont évolué.

Ce qui change immédiatement

Rien — pour l’instant. Le rapport est non législatif et ne lie pas la Commission. Mais il pose un marqueur clair pour le prochain cycle législatif et nourrira probablement directement la révision par la Commission de la directive de 2024, prévue pour 2027. En parallèle, le rapport appelle les États membres qui appliquent encore des définitions fondées sur la force à réexaminer volontairement leur code pénal et à s’aligner sur les normes internationales, y compris la Convention d’Istanbul.

La vue d’ensemble

Le vote s’inscrit dans un paquet plus large d’initiatives des députés sur les droits des femmes et les violences fondées sur le genre, aux côtés de résolutions sur le cyberharcèlement et sur les droits de vote par procuration des députés pendant la grossesse et après l’accouchement. Ensemble, elles signalent un effort délibéré du Parlement pour affirmer son leadership législatif dans un domaine où l’unanimité au Conseil s’est souvent révélée insaisissable.

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