Les exportateurs de GNL du Golfe recourent aux transferts entre navires face au blocus du détroit d’Ormuz qui entre dans son septième mois

Six mois après qu’un blocus a effectivement fermé le détroit d’Ormuz au transport maritime commercial, le Qatar et les Émirats arabes unis expérimentent des solutions logistiques d’urgence pour maintenir leurs exportations de gaz naturel liquéfié, selon les rapports suivant le secteur énergétique du Golfe. Ces deux pays figurent toujours parmi les plus grands fournisseurs de GNL au monde, mais leurs volumes d’exportation combinés restent bien en deçà des niveaux d’avant le conflit, ce qui suscite des inquiétudes auprès des acheteurs d’énergie en Europe et en Asie.

L’évolution la plus significative des dernières semaines a été le recours aux transferts entre navires — une méthode par laquelle la cargaison est transférée d’un navire à l’autre en mer, éliminant ainsi le besoin de traverser le détroit. Au moins trois cargaisons en provenance du Golfe ont été traitées selon cette technique ces dernières semaines, selon les rapports du secteur, marquant le premier véritable test de cette approche en tant que solution systématique plutôt que mesure contingente isolée.

Les transferts entre navires ne sont pas rares dans le commerce mondial du pétrole, mais leur application au GNL présente des défis techniques et de sécurité considérablement plus importants. La nature cryogénique du gaz naturel liquéfié, qui doit être maintenu à des températures autour de moins 160 degrés Celsius, exige des unités flottantes spécialisées de stockage et de regazéification ainsi qu’une coordination précise entre les navires. Le fait que les exploitants procèdent désormais à cette méthode à grande échelle signale une pression croissante pour trouver des alternatives viables, le blocus ne montrant aucun signe de résolution imminente.

Les acheteurs européens surveillent attentivement la situation alors que les chaînes d’approvisionnement se tendent

Cette perturbation revêt une importance particulière pour les marchés énergétiques européens, qui ont accru leur dépendance vis-à-vis du GNL qatari suite à la réduction des approvisionnements en gaz de pipeline russes consécutive à l’invasion de l’Ukraine en 2022. Tout manque prolongé dans les exportations du Golfe risque de restreindre un marché du GNL déjà compétitif à l’échelle mondiale, entraînant une hausse des prix au comptant et réduisant les budgets d’importation des services publics à travers le continent. Des responsables de plusieurs capitales européennes auraient été en contact avec leurs homologues qataris pour évaluer la pérennité des modalités d’approvisionnement alternatives.

La position des Émirats arabes unis ajoute une couche supplémentaire de complexité. Bien que la production de GNL d’Abu Dhabi soit inférieure à celle du Qatar, le pays sert de plateforme de transit et de stockage clé dans la région. Le blocus a perturbé non seulement les exportations directes mais aussi l’infrastructure logistique plus large qui soutient les échanges énergétiques régionaux, selon les analystes suivant la situation.

Le routage alternatif par le détroit de Bab-el-Mandeb et autour du cap de Bonne-Espérance a été envisagé mais ajoute un temps et un coût significatifs à chaque voyage, réduisant la viabilité économique de certains arrangements contractuels. Selon les rapports, certains acheteurs à long terme invoqueraient des clauses de force majeure ou renégocieraient les calendriers de livraison à la lumière de la perturbation en cours.

Les dimensions géopolitiques plus larges du blocus restent non résolues. Les efforts diplomatiques visant à rétablir la liberté de navigation dans le détroit ont jusqu’à présent produit peu de progrès tangibles, selon les rapports des observateurs régionaux. Pour l’heure, les sociétés énergétiques et les gouvernements se concentrent sur des mesures pragmatiques à court terme, les transferts entre navires émergeant comme l’option la plus crédible sur le plan opérationnel — même si les experts du secteur avertissent qu’il est peu probable qu’elle compense pleinement la perte de routes d’exportation directes à plus long terme.

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