La BCE maintient ses taux à 2 pour cent face à l impact de la guerre en Iran
La Banque centrale européenne a maintenu inchangés ses principaux taux directeurs lors de sa réunion du 30 avril 2026, laissant le taux de la facilité de dépôt à 2 pour cent pour le dixième mois consécutif. La décision, conforme à l’attente unanime des économistes interrogés par les principaux médias financiers, reflète l’approche prudente de la BCE alors qu’elle évalue les retombées économiques de la guerre en Iran et décide s’il faut relever à nouveau les taux plus tard dans l’année.
La décision dans son contexte
Le taux de la facilité de dépôt s’établit à 2 pour cent depuis juin 2025, date à laquelle la BCE a conclu son précédent cycle d’assouplissement. Depuis, la banque centrale a marqué une pause, invoquant l’incertitude croissante liée aux chocs géopolitiques, à la volatilité des prix de l’énergie et aux prévisions divergentes sur l’inflation. L’inflation dans la zone euro a atteint 3 pour cent en avril 2026, bien au-dessus de l’objectif à moyen terme de 2 pour cent fixé par la BCE, tandis qu’au Royaume-Uni, le chiffre s’établissait à 3,3 pour cent en mars, reflétant tous deux l’impact de la hausse des prix de l’énergie.
Pourquoi maintenir et non remonter
Les marchés avaient initialement intégré dans leurs anticipations des hausses de taux de la BCE et de la Banque d’Angleterre en réponse au déclenchement du conflit iranien, mais les économistes attendent désormais des décideurs qu’ils dépassent ce que le président de la Bundesbank Joachim Nagel a qualifié de millefeuille de chocs et qu’ils maintiennent les taux inchangés plus longtemps. La présidente de la BCE Christine Lagarde a signalé en mars que la banque centrale se tenait prête à relever les taux si le dépassement d’inflation s’avérait persistant, mais les communications récentes ont penché vers l’accentuation de l’optionnalité et de la dépendance aux données plutôt que vers un engagement préalable sur une trajectoire.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
Les investisseurs anticipent actuellement environ 50 points de base de resserrement d’ici la fin de l’année, avec de possibles hausses de taux en juin ou juillet. Le facteur décisif sera de savoir si les effets de second tour se matérialisent, notamment la hausse des anticipations d’inflation, l’accélération de l’inflation sous-jacente et la résilience du marché du travail. La réouverture du détroit d’Ormuz reste une variable critique, Nagel l’ayant décrit comme le talon du système économique mondial. Sans nouveaux chocs significatifs sur les prix de l’énergie, la BCE devrait conserver sa posture prudente tout au long de l’été.
