La Serbie et l’Ouzbékistan renforcent leurs liens lors de la visite historique de Mirziyoyev à Belgrade

La Serbie et l’Ouzbékistan ont élevé leurs relations bilatérales au rang de partenariat stratégique à l’occasion d’une visite historique du président ouzbek Shavkat Mirziyoyev à Belgrade — le premier voyage officiel d’un chef d’État ouzbek dans la capitale serbe. Cette visite a produit un ensemble substantiel d’accords couvrant plusieurs secteurs et a signalé des ambitions croissantes d’approfondir les liens économiques et logistiques entre l’Asie centrale et les Balkans occidentaux.

Les deux pays ont signé environ 20 accords distincts lors de la visite, portant sur des domaines tels que les infrastructures de transport, la coopération énergétique, la numérisation et la mobilité des travailleurs, selon les rapports. Les responsables des deux côtés ont décrit les réunions comme productives et ont déclaré que les documents signés jettent les bases d’un partenariat à long terme plus structuré entre les deux nations.

Le libre-échange et le corridor du milieu au centre des débats

Parmi les résultats les plus significatifs des négociations figuraient les préparatifs pour un accord de libre-échange bilatéral, qui réduirait considérablement les obstacles aux échanges commerciaux entre les deux pays. Bien qu’aucun calendrier pour la finalisation d’un tel accord n’ait été immédiatement confirmé, les responsables ont indiqué que les travaux techniques sont maintenant en cours. Un arrangement de libre-échange constituerait une étape notable pour les deux parties, compte tenu de la dynamique de réforme économique de l’Ouzbékistan et de la position de la Serbie comme pays non-membre de l’Union européenne aux ambitions commerciales étendues.

La visite a également accordé une attention considérable au soi-disant corridor du milieu — un itinéraire de transport multimodal reliant l’Asie centrale à l’Europe via la mer Caspienne, le Caucase du Sud et la Turquie. La Serbie a exprimé son soutien au développement du corridor, se positionnant potentiellement comme terminus occidental ou pôle de redistribution pour les marchandises en provenance de l’Ouzbékistan et des marchés d’Asie centrale plus largement, vers le cœur du continent. Pour l’Ouzbékistan, la sécurisation de partenaires européens le long de cet itinéraire est une priorité stratégique, le pays cherchant à diversifier ses connexions commerciales en s’éloignant des routes traditionnelles du nord passant par la Russie.

La mobilité des travailleurs s’est avérée être un autre thème prominent dans les discussions. Avec la Serbie confrontée à des pressions démographiques et à des pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, et l’Ouzbékistan gérant une force de travail importante et croissante à la recherche de débouchés à l’étranger, les accords dans ce domaine pourraient avoir des conséquences tangibles pour les deux économies. Les termes et conditions spécifiques de tout arrangement d’échange de travailleurs n’ont pas été immédiatement rendus publics.

La composante énergétique des accords signés a également été notée par les observateurs, bien que les termes détaillés n’aient pas été divulgués publiquement. L’Ouzbékistan a attiré des investissements étrangers dans son secteur énergétique, particulièrement dans les énergies renouvelables, et la Serbie travaille à diversifier ses propres sources d’énergie dans le cadre de ses engagements d’intégration européenne plus larges.

La visite de Mirziyoyev à Belgrade s’inscrit dans un pattern plus large de déploiement diplomatique ouzbek en Europe. Tachkent cultive activement les relations avec un éventail de gouvernements européens dans le cadre de sa réorientation politique étrangère depuis le début des réformes dans le pays il y a plusieurs années. La Serbie, quant à elle, maintient un profil diplomatique distinctif — elle est candidate à l’adhésion à l’Union européenne mais n’a pas rejoint les sanctions occidentales contre la Russie et a poursuivi les relations avec un large éventail de partenaires au niveau mondial.

Les analystes observeront probablement de près le suivi des accords. La signature de mémorandums et de cadres de coopération est une caractéristique courante des visites diplomatiques de haut niveau, mais la traduction de tels documents en flux commerciaux concrets, investissements infrastructurels ou échanges de travailleurs sera la véritable mesure de la profondeur de ce partenariat. Les deux gouvernements ont néanmoins signalé qu’ils considèrent cette visite comme le début d’un chapitre bilatéral plus actif.

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