Le Parlement européen évalue les progrès de l’Albanie et du Monténégro vers l’adhésion à l’UE le 6 mai
Le 6 mai 2026, la Commission des affaires étrangères (AFET) du Parlement européen doit évaluer les progrès réalisés par l’Albanie et le Monténégro vers l’adhésion à l’UE. Les deux rapports — adoptés dans le cadre du cycle annuel d’évaluations spécifiques à chaque pays — représentent la position parlementaire la plus autorisée sur la situation actuelle de chaque candidat dans le long processus d’adhésion.
Monténégro : le plus proche de l’arrivée
Le Monténégro reste le candidat le plus avancé des Balkans occidentaux. Le pays a ouvert tous ses chapitres de négociation il y a plusieurs années et se trouve désormais en phase de finalisation, axée sur les critères d’État de droit en vertu des chapitres 23 (justice et droits fondamentaux) et 24 (justice, liberté et sécurité). L’objectif politique indiqué tant par le gouvernement monténégrin que par la Commission est la fermeture de tous les chapitres d’ici fin 2026 ou début 2027, avec une adhésion formelle potentiellement en 2028 — ce qui ferait du Monténégro le premier nouvel État membre de l’UE depuis la Croatie en 2013.
Albanie : l’agenda de réformes structurelles
Le parcours de l’Albanie est plus récent. Après des années de négociations au point mort, le pays a ouvert les négociations sur le cluster d’État de droit en 2024 et a accéléré les réformes structurelles depuis. Le rapport du Parlement de 2026 devrait mettre en évidence les progrès en matière de réforme judiciaire, d’institutions anti-corruption et de la Structure spécialisée de lutte contre la corruption et la criminalité organisée (SPAK), qui a poursuivi d’anciens hauts responsables. Les lacunes persistantes — concernant la liberté des médias, les droits des minorités et l’exposition du pays aux réseaux de criminalité organisée — sont les principaux enjeux politiques que le rapport abordera.
Le contexte plus large des Balkans occidentaux
La discussion sur l’élargissement de 2026 s’inscrit dans un contexte géopolitique accentué. La guerre d’agression russe en Ukraine, l’empreinte croissante de la Chine aux Balkans occidentaux par le biais des infrastructures de la Nouvelle Route de la soie, et les ambitions régionales de la Türkiye ont fait de l’élargissement un dossier de sécurité autant qu’économique. Le Conseil européen de mars 2026 a réaffirmé la priorité stratégique d’intégrer les Balkans occidentaux dans l’Union, tout en soulignant que la progression basée sur le mérite reste le seul critère valide. Les rapports du Parlement contribuent à ancrer ce signal politique dans des critères concrets.
Au-delà de l’Albanie et du Monténégro
Les autres candidats des Balkans occidentaux en sont à des stades variés. La Serbie fait face à des questions persistantes sur le dialogue avec le Kosovo et sur l’alignement de sa politique de visas avec les sanctions de l’UE contre la Russie. La Macédoine du Nord reste bloquée par la question constitutionnelle avec la Bulgarie. La Bosnie-Herzégovine n’a reçu le statut de candidat qu’en 2022 et en est aux premières étapes. Le Kosovo a présenté une candidature mais n’est pas encore reconnu comme candidat. La voie accélérée pour l’Albanie et le Monténégro signale donc aux autres que la réalisation des critères se traduit effectivement par des progrès mesurables vers l’UE.
La signification des votes du rapport
Les votes de la commission AFET ne sont pas formellement contraignants pour le Conseil de l’UE, qui détient le pouvoir décisionnel réel en matière d’adhésion. Mais les rapports du Parlement établissent le ton politique, documentent les progrès de l’année, et fournissent des arguments tant aux gouvernements candidats cherchant à démontrer un élan qu’aux gouvernements nationaux de l’UE calibrant leur position intérieure. Après le 6 mai, les rapports seront soumis au plénum du Parlement plus tard au printemps ; les décisions d’élargissement du Conseil, par tradition, suivent à l’automne.
