L’UE se mobilise aux côtés d’Euronews après que la Biélorussie la désigne comme « extrémiste »

L’Union européenne a exprimé sa pleine solidarité avec la chaîne paneuropéenne Euronews après que les autorités biélorusses l’aient désignée comme organisation extrémiste, une classification qui interdit effectivement son fonctionnement et sa diffusion de contenu sur le territoire. Cette mesure a provoqué une condamnation immédiate de Bruxelles et d’une série de défenseurs internationaux de la liberté de la presse, qui la décrivent comme l’une des dernières étapes d’une campagne soutenue pour réduire au silence les médias indépendants sous le gouvernement du président Alexandre Loukachenko.

Les autorités biélorusses ont ajouté Euronews à une liste d’organisations jugées extrémistes, un instrument juridique qui a été utilisé avec une fréquence croissante depuis les manifestations massives ayant suivi l’élection présidentielle contestée de 2020. Selon la loi biélorusse, cette désignation entraîne des conséquences graves : diffuser ou même consommer du contenu provenant d’une organisation inscrite au registre peut exposer les individus à des poursuites pénales, ce qui en fait un outil puissant de répression médiatique.

Un schéma récurrent de répression médiatique

L’interdiction d’Euronews n’est pas un cas isolé. Selon les rapports, des dizaines de médias indépendants, d’organisations de la société civile et d’initiatives journalistiques ont fermeé ou ont été contraints à l’exil depuis le début intensif de la répression il y a quatre ans. Plusieurs journalistes biélorusses de renom poursuivent leurs activités à partir de pays voisins tels que la Pologne, la Lituanie et l’Ukraine, produisant une couverture médiatique techniquement illégale d’accès sur le territoire national. Les organisations de défense de la liberté de la presse classent régulièrement la Biélorussie parmi les environnements les plus hostiles au journalisme de toute la région européenne.

Les responsables européens ont qualifié la désignation d’Euronews d’attaque inacceptable contre la liberté de la presse et l’indépendance journalistique. Le bloc a souligné que les actions ciblées contre des organes médiatiques européens établis représentent une escalade qualitative, dépassant les seuls médias domestiques pour s’attaquer à des chaînes internationales disposant d’une large audience continentale. Les représentants de la Commission européenne ont signifié leur soutien total à Euronews et réitéré leurs appels pour que la Biélorussie restaure les libertés fondamentales, selon les informations émanant de Bruxelles.

Les principaux organismes de défense de la liberté de la presse ont repris cette préoccupation, présentant l’interdiction comme partie intégrante d’un effort orchestré visant à contrôler l’environnement informatif en amont de toute transition politique future. Les organisations assurant la surveillance des conditions médiatiques dans la région ont noté que restreindre l’accès aux chaînes étrangères coupe les citoyens biélorusses de l’information produite selon des normes éditoriales professionnelles et exempte d’ingérence gouvernementale.

Euronews, qui émet en plusieurs langues européennes et maintient des bureaux éditoriaux dans l’ensemble du continent, n’a pas réduit sa couverture de la Biélorussie en réaction à cette désignation. La chaîne, qui reçoit un financement public partiel des institutions européennes, est largement regardée en Europe centrale et orientale et a rapporté de manière extensive sur la situation politique à Minsk depuis les troubles consécutifs à l’élection de 2020.

Cet incident s’ajoute à des tensions croissantes entre l’UE et la Biélorussie, qui connaissent un point bas diplomatique suite à des différends sur la migration, au détournement forcé d’un vol Ryanair ayant conduit à l’arrestation d’un journaliste dissident en 2021, et à l’alignement étroit de Minsk sur Moscou depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Les sanctions de l’UE contre les responsables et entités biélorusses restent en place, et Bruxelles n’a donné aucune indication de vouloir assouplir sa pression tant que la situation des droits de l’homme dans le pays reste dramatique. Les responsables ont déclaré que le bloc continuerait à surveiller étroitement l’environnement médiatique et à soutenir les journalistes et les acteurs de la société civile travaillant dans des conditions de plus en plus difficiles.

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