L’UE envisage des partenariats ambitieux avec le Canada alors que Von der Leyen se prépare aux entretiens avec Carney
L’Union européenne prépare un large paquet de nouveaux accords avec le Canada couvrant la défense, le commerce et les ressources stratégiques, alors que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se prépare à des négociations substantielles avec le Premier ministre canadien Mark Carney, selon des sources informées de ces discussions.
Les réunions attendues interviennent à un moment de grande instabilité géopolitique, Bruxelles et Ottawa cherchant toutes deux à approfondir les partenariats transatlantiques au-delà de leurs liens traditionnels avec Washington. Des responsables des deux côtés ont signalé que le programme sera particulièrement ambitieux, reflétant un intérêt commun à réduire les vulnérabilités stratégiques mises en lumière par les perturbations mondiales récentes.
Au cœur du cadre émergent figure la coopération sur les matières premières critiques — les minéraux et métaux essentiels aux technologies d’énergie propre, à la fabrication avancée et aux systèmes de défense modernes. Le Canada, doté de vastes gisements de lithium, de cobalt et d’éléments de terres rares, est considéré à Bruxelles comme un partenaire naturel pour diversifier les chaînes d’approvisionnement et réduire la dépendance à l’égard des producteurs dominants, notamment la Chine. Selon les informations disponibles, un partenariat formel sur les matières premières pourrait figurer parmi les principaux résultats de tout accord conclu.
La défense et la sécurité au centre des enjeux
Au-delà des ressources, la coopération en matière de défense devrait occuper une place centrale à l’ordre du jour. Alors que les nations européennes accélèrent leurs dépenses de sécurité à la suite de la guerre menée par la Russie en Ukraine, des responsables ont souligné le rôle du Canada au sein de l’OTAN et sa base industrielle de défense établie comme des atouts qui s’alignent naturellement sur les priorités de l’UE. Les discussions porteraient sur d’éventuels cadres de passation de marchés conjointe, de partage technologique et de collaboration industrielle — des domaines dans lesquels l’UE a agi rapidement pour renforcer ses capacités collectives.
Le contexte diplomatique plus large confère un poids supplémentaire à ces négociations. Face à l’incertitude concernant la fiabilité des alliances de longue date — et le Canada lui-même navigant dans une relation compliquée avec les États-Unis sous le poids de nouvelles pressions commerciales — les deux côtés semblent motivés à institutionnaliser des liens plus étroits. L’équipe de Von der Leyen serait déterminée à positionner l’UE comme un partenaire stable et partageant les mêmes valeurs pour Ottawa, à un moment où les décideurs canadiens réexaminent leurs alignements stratégiques.
Les deux parties entretiennent déjà une relation économique significative soutenue par l’Accord économique et commercial global, connu sous le nom d’AECG, qui s’applique provisoirement depuis 2017. Toutefois, la ratification reste incomplète dans plusieurs États membres de l’UE, une irritation politique que Bruxelles souhaiterait régler. Tout nouveau paquet d’accords chercherait probablement à s’appuyer sur les fondations de l’AECG tout en ajoutant des dimensions non couvertes par l’accord initial.
Le commerce des biens, la coopération numérique et l’investissement orienté vers le climat devraient également figurer dans les discussions, selon les informations disponibles. Des responsables proches de la Commission ont suggéré que Von der Leyen envisage la relation avec le Canada comme un modèle du type de partenariat stratégique fondé sur les valeurs que l’UE souhaite cultiver avec ses alliés démocratiques dans le monde — un partenariat qui va bien au-delà des simples arrangements d’accès aux marchés conventionnels.
Aucune date pour un sommet formel n’a été confirmée publiquement, mais les préparatifs sont à un stade avancé. L’issue de ces négociations pourrait donner le ton de l’engagement de l’UE auprès d’un cercle plus large de partenaires partageant les mêmes valeurs, alors que Bruxelles s’efforce de consolider sa place dans un ordre mondial en rapide reconfiguration.
