L’ONU vote pour réformer les représentations cartographiques déformées de l’Afrique, surpassant la résistance américaine
Les Nations unies ont adopté une résolution appelant à des représentations cartographiques plus fidèles de l’Afrique, une décision qui met en lumière les préoccupations de longue date concernant la manière dont la véritable taille géographique du continent a été systématiquement faussée sur les cartes du monde largement utilisées — et qui a suscité une opposition marquée de la part de la délégation américaine.
La résolution, soutenue par la majorité des États membres de l’ONU, vise à corriger les distorsions introduites par la projection de Mercator, une technique cartographique développée au seizième siècle qui amplifie considérablement la taille apparente des terres émergées situées près des pôles, tout en réduisant celles proches de l’équateur. L’Afrique, qui s’étend de part et d’autre de l’équateur, figure parmi les régions les plus réduites visuellement par cette convention, malgré le fait qu’elle soit l’une des plus grandes masses terrestres de la planète — environ trois fois la taille de l’Europe et assez grande pour contenir les États-Unis continentaux, la Chine, l’Inde et une grande partie de l’Europe simultanément.
Une correction cartographique aux enjeux politiques
Les partisans de la résolution arguent que corriger ces distorsions visuelles n’est pas simplement une question technique, mais comporte des conséquences significatives pour la manière dont le monde perçoit l’Afrique et s’engage avec elle. Les détracteurs de cartes inexactes affirment que celles-ci peuvent subtilement renforcer les préjugés concernant l’importance géopolitique et économique du continent, façonnant les perceptions dans les salles de classe, les rédactions et les cercles politiques. Les États membres africains et leurs alliés ont présenté l’initiative comme une question d’équité représentative et de réparation historique.
Les États-Unis, cependant, se sont opposés fermement à cette mesure. Selon les rapports, la délégation américaine a caractérisé la résolution comme une composante de ce qu’elle a qualifié de « projet idéologique beaucoup plus vaste et plus radical », suggérant que Washington considère cette mesure comme allant bien au-delà de la cartographie pour s’aventurer sur un terrain contesté touchant à l’identité et à la géopolitique. L’opposition américaine est notable étant donné le cadrage généralement technique de tels efforts de normalisation au sein des organismes internationaux.
La résolution ne mandate pas l’adoption universelle d’une projection alternative particulière, mais encourage plutôt les États membres, les institutions éducatives et les organisations internationales à envisager des représentations qui reflètent plus fidèlement les tailles relatives des continents et des pays. Plusieurs projections alternatives — notamment les projections de Peters et de Winkel Tripel — ont été promues pendant des décennies par les géographes et éducateurs comme des représentations visuelles plus équitables de la géographie mondiale.
Le vote est peu susceptible de produire des changements immédiats dans la manière dont les cartes sont imprimées ou affichées dans le monde, mais il confère un poids institutionnel aux campagnes déjà en cours dans plusieurs pays pour introduire des cartes plus proportionnellement fidèles dans les écoles et les institutions publiques. Plusieurs nations européennes ont déjà progressé en ce sens au niveau national, mettant à jour les matériels éducatifs pour refléter des représentations géographiques plus équilibrées.
Cet épisode souligne également les tensions croissantes au sein des institutions multilatérales concernant les résolutions qui mélangent les normes techniques et les questions normatives plus larges. Les critiques de telles initiatives arguent qu’elles risquent de politiser des organismes conçus pour la coopération sur des défis concrets et partagés. Les partisans rétorquent que reconnaître les inexactitudes historiques intégrées dans les conventions largement acceptées est en soi une forme de rigueur factuelle. L’issue du vote suggère que, du moins parmi les États membres de l’ONU, ce dernier argument dispose actuellement d’une coalition plus large — bien que le désaccord vocal de Washington signale que le débat est loin d’être résolu.
