Les ministres des Finances du G20 se réunissent en Caroline du Nord dans un contexte de tensions autour des sanctions contre l’Iran et des droits de douane
Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales représentant les vingt plus grandes économies mondiales se sont réunis à Asheville, en Caroline du Nord, pour un sommet de deux jours qui place les États-Unis dans la position inhabituelle de chercher la coopération de ses alliés sur la question iranienne tout en maintenant des barrières commerciales contre plusieurs de ces mêmes partenaires.
La réunion, qui a débuté lundi et se poursuit jusqu’à mardi, est accueillie par l’administration américaine actuelle à un moment de complexité diplomatique considérable. Washington exhorte les autres membres du G20 à renforcer les restrictions financières contre l’Iran, tandis que les politiques tarifaires américaines continuent de fragiliser les relations avec un certain nombre des pays dont elle recherche le soutien, selon les informations disponibles avant le sommet.
Cette double pression reflète une tension plus large parcourant la politique économique étrangère américaine : le désir de l’administration de projeter une image de force sur les questions de sécurité nationale coexiste mal à l’aise avec des mesures commerciales qui ont attiré les critiques et des recours en justice de la part d’alliés européens, asiatiques et au-delà. Pour les délégations européennes notamment, se rendre à Asheville signifie dialoguer avec un partenaire qui est à la fois un allié de sécurité, un co-exécuteur des sanctions et un rival commercial.
Un agenda chargé dans les Appalaches
Au-delà des enjeux majeurs que sont l’Iran et les droits de douane, la réunion devrait aborder un éventail de préoccupations économiques mondiales pressantes. Celles-ci incluent la trajectoire des taux d’intérêt dans les grandes économies, la viabilité de la dette dans les pays à revenus faibles, et les discussions en cours autour de la réglementation des actifs numériques et des flux financiers transfrontaliers, ont indiqué des responsables. Le choix d’Asheville, une ville de taille moyenne toujours en phase de récupération après les dégâts importants causés par l’ouragan Hélène l’année dernière, a lui-même suscité des commentaires, certains observateurs notant le symbolisme d’accueillir un forum financier mondial dans une communauté confrontée aux suites économiques d’une catastrophe liée au changement climatique.
Les ministres des Finances européens devraient profiter de la marge de manœuvre offerte par la réunion pour exprimer leurs préoccupations concernant l’impact des droits de douane américains sur leurs économies. Les tarifs, qui ont affecté l’acier, l’aluminium et une gamme d’autres produits, ont provoqué des mesures de rétorsion et des négociations en cours, aucune d’entre elles n’ayant jusqu’à présent produit de solution durable. Le sommet d’Asheville offre un cadre informel pour des conversations bilatérales que les négociations commerciales formelles n’ont pas encore permis de conclure.
Sur la question iranienne, Washington exhorte les partenaires du G20 à appliquer les sanctions existantes de manière plus rigoureuse et à envisager une pression financière supplémentaire sur Téhéran. Cette demande intervient dans un contexte de tensions régionales accrues et suite à des rapports signalant la poursuite des exportations pétrolières iraniennes vers des acheteurs prêts à contourner les restrictions occidentales. La question de savoir si l’administration peut obtenir des engagements significatifs de la part d’économies qui entretiennent elles-mêmes des relations commerciales et diplomatiques complexes avec l’Iran reste ouverte, selon les analystes qui suivent les pourparlers.
La piste financière du G20, bien qu’elle manque de la visibilité des sommets de chefs d’État et de gouvernement, produit souvent les accords techniques et les déclarations coordonnées qui donnent à la gouvernance économique mondiale sa dimension pratique. La réunion de cette année en Caroline du Nord mettra à l’épreuve la capacité des plus grandes économies mondiales à trouver encore un terrain d’entente sur la coopération financière alors que les courants géopolitiques qui les divisent se renforcent. Un communiqué est attendu à l’issue du sommet mardi, bien que la formulation exacte sur le commerce et les sanctions devrait refléter le lourd équilibre diplomatique requis pour parvenir à un consensus.
