Les changements de direction à Londres et Budapest suscitent un nouvel examen de la part de Bruxelles
Une semaine tumultueuse de la politique européenne a forcé Bruxelles à recalibrer ses relations avec deux des capitales les plus importantes du continent, après que la Hongrie ait connu le départ soudain de son chef d’État et que le Royaume-Uni ait investi un énième nouveau Premier ministre — le septième en l’espace d’une seule décennie.
Ces deux évolutions ont attiré l’attention étroite des responsables et analystes de l’Union européenne, qui évaluent ce que ces changements pourraient signifier pour les différends en cours, les alignements diplomatiques et la stabilité plus large du voisinage du bloc. Bien que le Royaume-Uni ne soit plus membre de l’UE, sa relation avec Bruxelles reste profondément importante pour le commerce, la sécurité et la politique étrangère. La Hongrie, quant à elle, se trouve au cœur de tensions de longue date avec les institutions de l’UE concernant l’État de droit et l’approche de son gouvernement face à la politique ukrainienne.
Deux capitales, deux contextes très différents
À Budapest, la démission du président du pays a mis fin abruptement à un mandat déjà entaché de controverse politique. Cette évolution ajoute une couche supplémentaire d’incertitude aux relations déjà tendues de la Hongrie avec la Commission européenne, qui s’est à plusieurs reprises heurtée au gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán sur les normes démocratiques, l’indépendance judiciaire et le déblocage des fonds de cohésion de l’UE. Selon les informations, le départ du président est peu susceptible de modifier l’orientation fondamentale de la gouvernance hongroise à court terme, étant donné le rôle dominant que le parti Fidesz d’Orbán exerce sur les institutions du pays.
À Londres, l’arrivée d’un nouveau Premier ministre — le dernier d’une succession rapide qui a déstabilisé la gouvernance britannique depuis le référendum sur le Brexit de 2016 — a suscité un optimisme prudent dans certains milieux européens. Les responsables de Bruxelles se sont longtemps méfiés de l’imprévisibilité qui a caractérisé la politique britannique ces dernières années, et il existe un certain sentiment d’attente mesurée selon lequel une nouvelle direction pourrait créer les conditions d’une relation bilatérale plus stable et plus constructive, notamment sur des questions telles que les modalités de remplacement du protocole nord-irlandais et la facilitation plus large du commerce.
Les analystes ont toutefois noté que les tensions structurelles entre Londres et Bruxelles sont peu susceptibles de se dissiper simplement en raison d’un changement de direction. Les désaccords fondamentaux concernant le cadre post-Brexit restent non résolus, et tout nouveau gouvernement britannique fait face aux mêmes pressions politiques intérieures contradictoires qui ont entravé ses prédécesseurs.
Pour l’UE, le moment est significatif. Le bloc navigue dans un environnement géopolitique extraordinairement complexe, avec la guerre en Ukraine qui continue de dominer l’ordre du jour, des préoccupations en matière de sécurité énergétique persistant dans tous les États membres, et la cohésion interne fragilisée par la divergence des intérêts nationaux. Gérer simultanément les relations avec une Hongrie difficile et un Royaume-Uni imprévisible s’ajoute à la charge diplomatique déjà considérable des responsables de la Commission et du Conseil.
Que chaque transition de direction produise en fin de compte des changements de politique significatifs — plutôt que simplement de ton — reste à voir. Les observateurs européens suivront de près dans les semaines à venir les premiers signaux en provenance des deux capitales sur la manière dont elles entendent s’engager avec Bruxelles et, plus largement, avec leurs partenaires européens à un moment où l’unité et la coordination sont particulièrement précieuses.
