Le taux d’emprunt de la France atteint son plus haut niveau depuis 2002

Le taux d’emprunt à dix ans de la France a grimpé à 4,94 % jeudi matin, son plus haut niveau depuis 2002, les investisseurs affichant une défiance croissante à l’égard de la dette française. Le taux est passé de 4,85 % à la clôture de mercredi, marquant la plus forte hausse trimestrielle depuis près de quarante ans et la progression mensuelle la plus marquée depuis 2022.

Cette flambée intervient alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’apprête à présenter les grandes lignes d’un possible budget de l’État pour 2027, une tâche redoutable puisque la France n’a pas équilibré son budget depuis 1973. Le gouvernement a annoncé son intention de réaliser 54 milliards d’euros d’économies.

L’incertitude politique accentue la pression

Dans des propos rapportés mercredi, M. Lecornu a déclaré que les tensions énergétiques poussent les taux à la hausse dans de nombreux pays, mais qu’en France, l’incertitude politique à l’approche de l’élection présidentielle s’ajoute à cette pression. Il a appelé à ne pas « empiler l’instabilité sur ces difficultés ».

M. Lecornu a également averti : « Plus d’intérêts à payer, c’est moins de ressources pour les priorités du pays. Cette réalité s’impose à tous : gouvernement, Parlement, candidats à la présidentielle. La réalité nous rattrape. »

L’écart entre les taux d’emprunt français et allemand a atteint son plus haut niveau depuis quatorze ans, le taux à dix ans de l’Allemagne s’établissant à 3,61 % jeudi, soit environ 1,30 point de pourcentage de moins que celui de la France. Les marchés boursiers européens ont ouvert en baisse, le CAC 40 à Paris cédant plus de 1,4 % à 11 heures.

La dette publique a atteint des niveaux record au cours des deux mandats du président Emmanuel Macron, s’élevant à 3 596 milliards d’euros, soit 119 % du PIB. La dette devrait constituer un thème majeur de la campagne présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, a suggéré d’annuler les obligations du Trésor français détenues par la Banque centrale européenne afin de libérer des fonds pour les dépenses publiques. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a toutefois rejeté cette idée, estimant qu’elle constituerait une « violation claire et simple » des traités européens, qui interdisent à la banque centrale de financer les États.

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