Infantino au premier plan : Trump relègue le Canada et le Mexique au second plan lors de la cérémonie de la Coupe du monde

Lorsque les dirigeants des trois nations accueillant la Coupe du monde de la FIFA en 2026 se sont réunis pour un événement cérémoniel de haut niveau, ce n’est ni le Premier ministre canadien Mark Carney ni la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum qui ont retenu l’attention du président américain Donald Trump, mais bien Gianni Infantino, le président de la FIFA et administrateur du football d’origine suisse et italienne que Trump a à plusieurs reprises décrit comme l’autorité suprême du sport.

Cette occasion, qui réunissait les chefs de gouvernement des trois nations hôtes aux côtés de hauts responsables du football, était censée mettre en avant la coopération trilatérale avant le tournoi. Or, selon les rapports, Trump a consacré l’essentiel de son temps à l’engagement avec Infantino plutôt qu’avec ses homologues d’Ottawa et de Mexico, une dynamique frappante que les observateurs interprètent comme le reflet à la fois de l’enthousiasme bien documenté du président pour le président de la FIFA et des tensions actuelles qui entravent les relations nord-américaines.

Un affront diplomatique ou simplement une affinité personnelle ?

L’opacité était difficile à ignorer. Carney et Sheinbaum, représentant tous deux des nations embourbées dans des différends commerciaux continus avec Washington, se sont retrouvées largement marginalisées lors d’un moment qui était censément conçu pour afficher l’unité entre les trois partenaires hôtes de la Coupe du monde. Trump et Infantino, en revanche, semblaient à l’aise, renforçant une relation personnelle qui est publiquement affichée depuis plusieurs années et que les critiques jugent contraire à l’éthique en brouillant les frontières entre diplomatie sportive et théâtre politique.

La Coupe du monde de la FIFA 2026 doit être accueillie dans 16 villes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique — une candidature commune qui a été retenue avant le retour de Trump à la Maison-Blanche et avant la vague actuelle de différends tarifaires qui ont gravement endommagé les relations entre Washington et ses deux voisins immédiats. Le Canada et le Mexique ont tous deux contesté les mesures commerciales américaines, et la présence de leurs dirigeants aux côtés de Trump lors d’un événement sportif célébratoire a suscité des examens minutieux tant à l’échelle nationale qu’internationale.

Pour Infantino, cette visibilité répond à un objectif institutionnel clair. La FIFA a investi une énergie considérable dans la consolidation de sa relation avec le gouvernement américain, et l’admiration affichée du président procure à l’organisation une forme de protection politique dont peu de organismes sportifs internationaux jouissent. Selon les rapports, Infantino a été une présence fréquente dans le cercle social de Trump depuis le retour du président au pouvoir, participant à des rassemblements de haut profil et recevant des éloges répétés du chef d’État.

D’une perspective européenne, cet épisode souligne une tendance plus large dans la manière dont l’administration américaine actuelle conduit ses engagements internationaux : les affinités bilatérales, qu’elles soient personnelles ou transactionnelles, prennent fréquemment le pas sur les courtoisies multilatérales. Pour les acteurs du football européen et les responsables de l’UEFA qui se sont parfois opposés à l’orientation de la gouvernance de la FIFA sous Infantino, l’image du président de la FIFA jouissant d’un accès privilégié au chef d’État le plus puissant du monde ne passera certainement pas inaperçue.

Pour Carney, qui a pris ses fonctions plus tôt cette année et navigue dans une relation difficile avec Washington, cette journée a offert peu de récompenses diplomatiques. Sheinbaum, face à des pressions économiques parallèles émanant de la politique commerciale américaine, aurait de même eu un engagement substantiel minime avec Trump lors de l’événement. Les deux dirigeants ont néanmoins participé, reflétant le calcul politique selon lequel une participation intégrale au cadre de la Coupe du monde — aussi maladroite soit-elle — demeure préférable à toute suggestion de retrait ou de désengagement d’un tournoi qui revêt une importance économique et symbolique considérable pour les deux pays.

Avec le tournoi encore à environ un an, l’interaction entre le spectacle sportif et les frictions géopolitiques devrait s’intensifier. La Coupe du monde avait longtemps été envisagée comme un vecteur de solidarité régionale ; la question de savoir si ce récit tient bon face au poids des tensions nord-américaines actuelles reste ouverte.

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