La feuille de route Une Europe Un Marché signée à Chypre pour stimuler la compétitivité
Les présidents du Parlement européen, de la Commission européenne et de Chypre, représentant la présidence tournante du Conseil, ont signé la feuille de route Une Europe Un Marché lors du sommet informel tenu à Chypre les 23 et 24 avril 2026. Le document fixe des calendriers clairs et des livrables concrets pour renforcer la compétitivité de l’UE et achever le marché unique d’ici fin 2027, marquant un moment institutionnel notable pour un agenda d’intégration qui a longtemps été une priorité affichée mais seulement par intermittence une réalité politique.
Ce que la feuille de route vise à livrer
La feuille de route est explicitement conçue pour s’attaquer à la fragmentation du marché unique européen qui freine les entreprises européennes, en particulier les petites et moyennes entreprises qui peinent à supporter le coût de la conformité avec 27 ensembles de règles nationales. Les domaines prioritaires comprendraient la simplification des services transfrontaliers, la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, l’intégration des marchés de capitaux, l’intégration des marchés de l’énergie et l’approfondissement du marché unique numérique. Chaque axe politique comporte des jalons et des indicateurs mesurables.
Pourquoi le timing est important
La signature intervient dans le contexte de pressions concurrentielles intensifiées de la part des États-Unis, de la Chine et d’autres grandes économies. Le rapport Draghi sur la compétitivité de l’UE, présenté en 2024, avait averti que sans action décisive, l’Europe risquait de prendre durablement du retard en matière de productivité, d’innovation et d’autonomie stratégique. La feuille de route est présentée comme une réponse directe à cet avertissement, s’appuyant sur les demandes formulées de longue date par les groupes politiques centristes en faveur d’un solide fonds pour la compétitivité et de réformes structurelles.
La voie à suivre
La mise en œuvre sera le test. Le Conseil européen suivra les progrès lors de ses sommets formels, avec des rapports au niveau des commissaires sur les jalons. Les groupes industriels ont largement salué l’annonce mais ont averti que les annonces seules ne livreront pas de gains de compétitivité sans la volonté politique des États membres de supprimer les barrières réglementaires et d’accepter une intégration de marché qui peut désavantager les acteurs locaux établis. L’horizon de fin 2027 coïncide avec la conclusion de l’actuel mandat législatif.
