Barclays va supprimer 5 000 emplois, l’IA au service de l’efficacité
Barclays a annoncé jeudi qu’il supprimerait environ 5 000 emplois dans le cadre d’un plan d’efficacité qui repose de plus en plus sur l’intelligence artificielle. La banque a précisé qu’environ 1 000 de ces postes avaient déjà été supprimés au cours du premier semestre. Cette annonce accompagne la publication de ses résultats du troisième trimestre, qui font état d’une hausse de 13 % du bénéfice net à 1,65 milliard de livres (1,97 milliard d’euros), portée par un bond de 47 % des revenus actions.
Ces réductions d’effectifs s’inscrivent dans ce que Barclays décrit comme une « simplification organisationnelle et une efficacité issue des changements technologiques portés par l’IA ». Environ 60 % des suppressions concernent des fonctions de support, dont les développeurs. Selon la banque, l’IA accroît la productivité des salariés, réduisant le nombre de personnes nécessaires au fonctionnement de l’entreprise.
Les analystes se penchent sur l’impact de l’IA
Will Howlett, analyste financier chez Quilter Cheviot, a souligné que ces suppressions posent la question de « l’ampleur avec laquelle l’IA et l’automatisation pourraient remodeler le secteur bancaire au cours des prochaines années ». Il a ajouté que les banques investissent massivement dans la technologie depuis des années et qu’elles atteignent désormais le point où cet investissement se traduit par une réduction des effectifs. Selon M. Howlett, Barclays s’attend à ce que ces mesures d’efficacité génèrent plus de 1,1 milliard de livres (1,31 milliard d’euros) d’économies.
C. S. Venkatakrishnan, directeur général de Barclays, a déclaré que la banque avait « réalisé une solide performance sur les actions » et s’est dit satisfait de sa dynamique opérationnelle et financière. Le produit total du groupe pour le trimestre a progressé de 3 % à 7,37 milliards de livres (8,79 milliards d’euros). M. Howlett a toutefois noté que la banque d’investissement était plus faible, notamment sur le trading de taux fixes, même si Barclays reste en bonne voie au regard de ses objectifs à long terme.
La banque a également annoncé un programme de rachat d’actions de 500 millions de livres (596 millions d’euros). Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, a estimé que cette annonce n’était pas à la hauteur des attentes, le rachat ne dissipant pas entièrement la déception des investisseurs. M. Mould a pointé deux « gros nuages » pesant sur l’entreprise : une hausse de la fiscalité du secteur largement anticipée dans le budget britannique de la semaine prochaine, et une enquête signalée sur une possible présentation erronée des risques dans son portefeuille de crédit privé. Le Financial Times a rapporté que la Banque d’Angleterre examinait des allégations selon lesquelles Barclays aurait minimisé les risques liés au financement de fonds de crédit privé. Barclays a indiqué que son exposition au crédit privé était traitée conformément aux exigences comptables et aux exigences de fonds propres réglementaires.
