L’agence alimentaire de l’ONU sous le feu des critiques pour son contrat avec Palantir en pleine crise à Gaza
Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies fait face à des appels croissants pour mettre fin à son contrat avec l’entreprise technologique américaine Palantir, dont les logiciels sont utilisés par des armées et des polices des frontières pour trier des données et identifier des cibles. L’agence, qui nourrit plus d’un million de personnes à Gaza chaque mois, a prolongé son accord avec Palantir en juillet. Des organisations de la société civile ont exhorté à la fin de ce partenariat dans une lettre publiée le vendredi 23 octobre, et environ 3 000 citoyens européens ont écrit à la direction du PAM pour exiger la même chose.
Le PAM détient l’une des plus grandes bases de données biométriques au monde, contenant des millions d’enregistrements sur des populations vulnérables. Les critiques estiment que l’agence soutient de fait une entreprise qui compromet ses propres opérations en Palestine en aidant à tuer des civils pour le compte d’un autre client. « D’un côté, vous nourrissez les habitants de Gaza, mais de l’autre, vous utilisez un logiciel qui sert aussi à les tuer », a déclaré Giulio Carini, responsable des campagnes chez WeMove Europe, y voyant « une contradiction très forte ».
Jusqu’à 1,1 million de personnes sont atteintes par le PAM à Gaza chaque mois, sur 1,4 million confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. L’agence a indiqué avoir dû réduire l’aide alimentaire à Gaza et en Cisjordanie faute de financement. Le PAM soutient toutefois que les logiciels de Palantir pour les jeux de données et la prise de décision ont permis d’économiser 50 millions de dollars [45 millions d’euros] qui auraient autrement été dépensés en gestion inefficace des ressources.
