Les eurodéputés plaident pour que les fonds régionaux de l’UE financent des logements abordables et des villes résilientes au climat
Les députés européens exhortent l’UE à mobiliser ses fonds de développement régional pour répondre à la crise du logement et préparer les villes aux urgences climatiques. Dans un rapport non contraignant adopté mardi 20 octobre par 601 voix pour, 20 contre et 36 abstentions, les eurodéputés appellent à des investissements supplémentaires dans le logement et à des fonds de cohésion solides pour aider les villes à s’adapter au changement climatique. Le rapport insiste pour que le principe d’un « droit de rester » soit inscrit dans la nouvelle législation budgétaire, afin de protéger les habitants des zones rurales et des petites villes, souvent confrontées à la dépopulation en raison du manque de débouchés professionnels. Les fonds de cohésion, qui s’élèvent actuellement à 48,03 milliards d’euros dans le budget de l’UE 2021-2027 et représentent un tiers des dépenses de l’Union, servent généralement à financer des projets d’infrastructure dans les pays dont le revenu national brut par habitant est inférieur à la moyenne.
Les eurodéputés ont également exigé que les villes petites et moyennes aient accès aux fonds de cohésion « sur un pied d’égalité avec les grandes villes », selon les termes de Denis Nesci, l’eurodéputé conservateur italien rapporteur du dossier. Il s’est fait l’écho de la position de la commission de centre droit sur la simplification des réglementations, soulignant que les petites municipalités peinent souvent à faire face aux formalités liées aux fonds de l’UE. Cette offensive du Parlement intervient alors que la Commission européenne a proposé des coupes significatives dans les fonds régionaux du prochain budget pluriannuel, censé couvrir la période 2028-2034. Un groupe de 16 États membres qui bénéficient souvent de ces financements s’est opposé à cette réduction. Lors d’un débat en plénière lundi 19 octobre, Vytenis Povilas Andriukaitis, eurodéputé lituanien du groupe de la Gauche, a qualifié le développement régional de « seul instrument capable de nous unir tous », tandis que l’eurodéputé allemand de centre droit Fredis Beleris a estimé qu’il « pourrait être la réponse à la radicalisation de l’Europe ».
