L’UE sanctionne les colons et dirigeants du Hamas après levée veto Hongrie
L’Union européenne a atteint lundi 11 mai 2026 un accord politique unanime pour imposer de nouvelles sanctions contre la direction du Hamas et contre le mouvement des colons israéliens en Cisjordanie occupée, mettant fin à une impasse qui avait paralysé ce dossier pendant plus d’un an.
« De l’impasse à la réalisation »
L’accord a été conclu au Conseil des affaires étrangères à Bruxelles et annoncé par la Haute Représentante Kaja Kallas. « Aujourd’hui, nous avons atteint un accord politique pour sanctionner les colons extrémistes israéliens et les entités, » a déclaré Kallas aux journalistes. « Nous sortons de l’impasse politique qui durait depuis longtemps. La violence et l’extrémisme ont des conséquences. » Dans un précédent message sur X, Kallas a confirmé que les mesures — incluant les gels d’avoirs et les interdictions de voyager — cibleraient également les membres du Hamas, que l’UE désigne comme une organisation terroriste, une condition requise par certains États membres pour soutenir ce paquet.
Ce qui et qui est sanctionné
Le paquet cible trois colons israéliens et quatre organisations de colons, dont les identités n’ont pas encore été rendues publiques. L’échelon Hamas sanctionne la direction politique et militaire responsable de l’attaque du 7 octobre 2023. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a écrit sur les réseaux sociaux que l’UE était « en train de sanctionner les principaux dirigeants du Hamas, responsables du pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah au cours duquel 51 Français ont perdu la vie, un mouvement terroriste qui doit impérativement être désarmé et exclu de toute participation à l’avenir de la Palestine. » Barrot a ajouté : « Ces actes les plus graves et intolérables doivent cesser sans délai. »
La Hongrie abandonne son veto
Le déblocage est intervenu après que le nouveau gouvernement hongrois a abandonné le long veto de Budapest sur les sanctions contre les colons, qui avait été imposé sous l’ancien Premier ministre Viktor Orbán. Plusieurs États membres avaient poussé pour cette mesure pendant plus d’un an au milieu de ce que le porte-parole des droits humains de l’ONU Thameen Al-Kheetan a récemment décrit comme l’« expansion coloniale illégale » d’Israël et l’« annexion de grandes parties de la Cisjordanie occupée. » La décision fait suite à deux mois d’escalade de la violence contre les Palestiniens sur le territoire.
S’arrêtant avant les mesures économiques
Le bloc de 27 nations s’est néanmoins arrêté avant d’approuver des mesures économiques plus fortes contre le gouvernement israélien, recherchées par certains États membres dont l’Irlande, l’Espagne et la Belgique. La discussion sur une suspension complète de l’Accord d’association UE-Israël a été reportée. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté la symétrie entre Israël et le Hamas établie par certains diplomates de l’UE, qualifiant le bloc « moralement en faillite. »
Travaux techniques et juridiques à venir
La décision est, à ce stade, un accord politique. Des travaux techniques et juridiques doivent encore être menés à bien avant que les sanctions ne soient formellement adoptées et publiées au Journal officiel. L’UE avait déjà imposé des sanctions contre les colons violents en 2024, lorsque le bloc a sanctionné cinq individus et trois entités « responsables d’abus graves et systématiques des droits humains contre les Palestiniens en Cisjordanie, » dont Moshe Sharvit dans la vallée du Jourdain. La décision de lundi élargit considérablement cette empreinte et, pour la première fois, attache des noms à la direction du Hamas dans un cadre de désignation PESC.
