Pacte pour la Méditerranée : la Commission dévoile son premier Plan d’action avec 21 initiatives concrètes sur trois piliers

Le 17 avril 2026, la Commission européenne a présenté le premier Plan d’action du Pacte pour la Méditerranée — le renouvellement le plus ambitieux des relations de l’UE avec son voisinage méridional depuis la Déclaration de Barcelone de 1995. Le Plan lance 21 initiatives concrètes co-élaborées réparties sur trois piliers structurels et forme l’épine dorsale opérationnelle d’un partenariat couvrant dix partenaires du voisinage méridional : l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, la Palestine, la Syrie et la Tunisie.

Trois piliers, vingt-et-une actions

Le premier pilier — Les peuples : moteur du changement, des connexions et de l’innovation — comprend huit actions, dont l’Initiative universitaire méditerranéenne visant à approfondir la collaboration académique et l’excellence en recherche, et une Assemblée parlementaire des jeunes favorisant un dialogue structuré entre jeunes législateurs de la région. Le second pilier se concentre sur le renforcement et l’intégration des économies, avec une Offre technologique phare combinant l’investissement public-privé avec un soutien politique pour promouvoir l’interconnexion numérique sécurisée — y compris l’expansion des câbles sous-marins et la coopération réglementaire. Le troisième pilier, Sécurité, préparation et gestion des migrations, regroupe neuf actions dont un Pôle européen de lutte contre les incendies basé à Chypre — le premier qui offrira un soutien aux pays du sud de la Méditerranée — et une nouvelle plateforme opérationnelle de lutte contre la criminalité grave et organisée, MED-OP.

Migration : l’approche holistique de la route

Un élément central est la formalisation de l’approche holistique de la route en matière de gestion des migrations, s’attaquant aux déplacements à leur source, le long des corridors de transit et aux frontières externes de l’UE simultanément. Le Plan lie cette approche au Pacte opérationnel de l’UE sur les migrations et l’asile, qui devrait entrer en vigueur opérationnelle en juin 2026, et au déploiement du système d’entrée/sortie désormais actif dans l’espace Schengen de 29 pays. L’objectif est de combattre le trafic de migrants tout en ouvrant des voies légales structurées pour la migration de travail.

L’échelle d’investissement

Le Pacte mobilise des milliards d’investissements européens via plus de 100 projets plus larges — beaucoup intégrés par l’intermédiaire de l’Initiative trans-méditerranéenne de coopération énergétique et technologique propre (T-MED), qui connecte le potentiel d’énergies renouvelables d’Afrique du Nord aux besoins de diversification de l’Europe à l’ère post-gaz russe. Le financement s’écoule principalement par l’Instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale — Europe mondiale (IVDCI-EM) et par une logique de réforme et de croissance inspirée des Balkans occidentaux adaptée au voisinage méridional.

Un cadre adaptable

De manière critique, le Plan d’action est conçu comme un document vivant. Une deuxième version est attendue en automne 2026, avec une mise à jour continue par des consultations des parties prenantes. Une page web interactive permettra aux parties prenantes d’identifier les projets, de les explorer par pays et secteur, et de suivre la mise en œuvre en temps réel. Le Plan a été accueilli favorablement au Conseil des Affaires étrangères le 20 novembre 2025 et au Conseil européen du 18 décembre 2025, qui ont conjointement appelé à une mise en œuvre rapide et efficace selon les principes de co-création, de co-appropriation, d’intérêt mutuel et de responsabilité conjointe.

L’ombre de la guerre en Iran

Le Plan se lance dans un environnement régional exceptionnellement difficile. La guerre en Iran qui a commencé en février 2026 a reconfiguré les chaînes d’approvisionnement énergétique, accentué les risques d’investissement dans la région et tendu les partenaires du Pacte — l’Égypte et le Liban en particulier — qui naviguent simultanément leurs propres pressions internes. Le test de crédibilité du Pacte sera de savoir si sa conception adaptable s’avère capable d’absorber ces chocs au cours de 2026 et 2027.

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