Le maire de Greater Manchester Burnham s’apprête à redéployer les ressources de la fonction publique dans le cadre de sa stratégie de décentralisation
Andy Burnham, maire de Greater Manchester, s’apprête à canaliser des ressources considérables depuis les départements du gouvernement central dans le cadre d’un vaste agenda de décentralisation soutenu par Downing Street, selon les hauts responsables impliqués dans ce processus. Cette initiative marque un changement potentiellement transformateur dans la manière dont les services publics sont administrés dans les régions anglaises.
Caroline Simpson, qui occupe le poste de directrice générale adjointe du cabinet du Premier ministre et pilote les travaux de No. 10 relatifs au nord de l’Angleterre, a indiqué que les pouvoirs élargis de Burnham s’accompagneront d’un redéploiement substantiel des financements et des effectifs actuellement intégrés à la fonction publique. Cette reconnaissance constitue l’une des déclarations les plus explicites jamais formulées par le centre du gouvernement concernant les coûts concrets et les ambitions du transfert de l’autorité vers les maires régionaux.
Simpson a également attiré l’attention sur le déséquilibre structurel qui a longtemps caractérisé la gouvernance anglaise, décrivant l’Angleterre comme restant parmi les pays les plus centralisés de l’hémisphère occidental. Cette observation explique pourquoi les partisans de la décentralisation régionale arguent que des maires comme Burnham ont besoin de véritables leviers de pouvoir, et non simplement de rôles consultatifs, si cette politique doit avoir un impact significatif sur les communautés en dehors de Londres.
Le débat sur la décentralisation s’aiguise autour des ressources et de la responsabilité
La question de l’allocation des ressources est devenue centrale au débat plus large sur la décentralisation en Angleterre. Les critiques des accords de décentralisation antérieurs ont soutenu que les maires régionaux s’étaient vu confier des responsabilités sans disposer des moyens financiers ou des effectifs correspondants pour produire des résultats. L’évocation d’un redéploiement des capacités de la fonction publique — plutôt que d’une simple duplication — laisse entrevoir une restructuration plus substantielle que les réformes fragmentaires antérieures.
Burnham s’est depuis longtemps positionné comme un champion du modèle de décentralisation dit « précurseur » expérimenté à Greater Manchester, qui accorde à la région un meilleur contrôle sur des domaines incluant les transports, le logement, et certains aspects de la santé et de l’action sociale. Selon les responsables, la phase suivante pourrait impliquer de transférer le pouvoir décisionnel sur les programmes de formation et d’emploi, des domaines actuellement dominés par Whitehall.
Les enjeux politiques sont importants. Burnham conserve un profil national élevé et n’a pas exclu des ambitions futures au-delà de la mairie, ce qui rend sa relation avec le gouvernement travailliste de Westminster étroitement surveillée. Toute perception selon laquelle le centre cède véritablement du pouvoir, plutôt que de gérer les apparences, sera testée par le fait que les transferts de ressources se concrétisent dans la pratique et selon quel calendrier.
Les observateurs européens ont noté que le modèle anglais de décentralisation avec maires métropolitains ne ressemble que partiellement aux systèmes fédéraux ou fortement régionalisés que l’on trouve dans une grande partie de l’Europe continentale, où les gouvernements infranationaux jouissent régulièrement d’une reconnaissance constitutionnelle et de pouvoirs fiscaux autonomes. La question de savoir si la présente phase de réformes rapproche l’Angleterre de ce modèle, ou demeure une délégation administrative plus limitée, est une question que les analystes disent ne pouvoir encore trancher avec certitude. Ce qui est clair, selon les informations en provenance du gouvernement, c’est que Downing Street présente la décentralisation non comme une concession aux pressions régionales, mais comme une stratégie délibérée de réforme de l’État de l’extérieur — un positionnement qui fera face à un examen minutieux dès que les détails émergent.
