Le Royaume-Uni cherche à faciliter les tournées des musiciens britanniques dans l’UE dans le cadre d’une réinitialisation des relations
Le gouvernement britannique a renouvelé son attention sur la suppression des obstacles post-Brexit pour les musiciens britanniques en tournée dans l’Union européenne, alors que Londres et Bruxelles poursuivent une réinitialisation plus large de leurs relations. Une nouvelle stratégie musicale, intitulée « Turn It Up: Our Plan for Music », s’engage explicitement à poursuivre les efforts visant à réduire les obstacles pour les artistes en tournée dans l’UE. Le document mentionne la première réunion culturelle de haut niveau entre le Royaume-Uni et l’UE, qui s’est tenue en mars, comme plateforme de progrès.
Le coût économique des restrictions actuelles est considérable. Une étude du gouvernement britannique a révélé que les obstacles supplémentaires aux tournées dans l’UE entre 2022 et 2024 ont coûté au Royaume-Uni 208 millions de livres de production économique perdue, soit l’équivalent de 2 490 emplois à temps plein. Une enquête du Syndicat des musiciens a révélé que 75 pour cent des musiciens qui travaillaient auparavant dans l’UE ont signalé moins de engagements, et 72 pour cent ont signalé des revenus moindres dans l’UE. Plus de la moitié ont déclaré que les tournées dans l’UE n’étaient plus financièrement viables.
Dialogue culturel et mobilité des jeunes
Lors du sommet Royaume-Uni-UE de 2025, les deux parties ont reconnu « la valeur des voyages et des échanges culturels et artistiques, y compris les activités des artistes en tournée ». Un nouveau dialogue culturel de haut niveau offre un forum pour transformer cette promesse en politique. Londres se prépare également à rejoindre le programme Erasmus+ en 2027, bien que le programme Turing du Royaume-Uni ait soutenu la mobilité sortante sans reproduire la structure de réciprocité d’Erasmus+.
La proposition initiale de la Commission européenne pour un programme d’expérience jeunesse esquissait une voie à durée limitée permettant aux personnes âgées de 18 à 30 ans de vivre de l’autre côté de la Manche. Le texte appelle à ce que le travail culturel rémunéré soit clairement pris en compte dans tout accord de ce type. Cela pourrait aider à remédier à la forte baisse des étudiants de l’UE entrant dans l’enseignement supérieur britannique, passant de 66 685 en 2020-2021 à 28 375 en 2023-2024, soit une chute d’environ 57 pour cent selon les données de la HESA.
Échos historiques et coopération européenne
La mobilité culturelle transfrontalière a des racines profondes. Au début du XIXe siècle, des compagnies théâtrales franchissaient les frontières linguistiques et politiques, et la Russie impériale accueillait des compagnies théâtrales françaises et allemandes aux côtés d’artistes russes. L’opéra italien était ancré dans la vie musicale russe, tandis que le pianiste irlandais John Field, formé à Londres, passa la majeure partie de sa carrière adulte dans l’Empire russe. Le pianiste allemand Adolf Henselt s’y installa et s’impliqua profondément dans l’éducation musicale russe.
Les programmes contemporains de l’UE poursuivent cette tradition. Europe Créative dispose d’un budget de 2,44 milliards d’euros pour 2021-2027, et son programme d’entités culturelles paneuropéennes soutient des orchestres transfrontaliers formant de jeunes musiciens. Environ 11 millions d’euros ont été alloués à cinq projets en 2024, qui devraient impliquer plus de 1 000 jeunes musiciens de au moins 20 pays participants. Le nouveau dialogue culturel offre une occasion de reconnecter les artistes britanniques avec ces réseaux.
