Les salariés de l’ex-Ilva en grève, l’arrêt menaçant des milliers d’emplois en Italie

Les travailleurs de toutes les usines de l’ex-Ilva en Italie seront en grève le 12 octobre, ont annoncé les syndicats après une réunion avec le gouvernement au Palazzo Chigi jeudi. Ce mouvement social intervient alors qu’Acciaierie d’Italia avance dans ses projets de fermeture des sites de Tarente, Gênes et Novi Ligure, mettant en péril plus de 2 000 emplois. La production de la partie chaude de l’aciérie de Tarente a été arrêtée vendredi, conformément à un arrêt de la cour d’appel de Milan. Les installations seront maintenues en veille thermique, à un niveau technique minimal permettant de les garder chaudes sans produire d’acier. Acciaierie d’Italia a confirmé cette suspension dans une note adressée au préfet, aux autorités locales et aux forces de l’ordre ; elle se poursuivra jusqu’à la décision de la Cour de cassation sur les recours déposés par Ilva et Acciaierie d’Italia, attendue le 20 octobre.

Le gouvernement envisage un décret d’urgence

Le sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil, Alfredo Mantovano, a souligné la nécessité d’un décret d’urgence. Selon lui, le gouvernement examine s’il existe une marge de manœuvre pour empêcher un arrêt total et éviter un dommage irréparable aux usines. Le décret comprendrait des protections sociales pour les travailleurs et un dispositif de soutien aux salaires non lié à la fermeture des activités, mais destiné au contraire à maintenir l’entreprise en fonctionnement. Le gouvernement devrait présenter ce décret lors du prochain conseil des ministres, prévu mardi.

L’entreprise a également annoncé un « arrêt général temporaire » des usines de l’ex-Ilva à Gênes et Novi Ligure d’ici au 15 novembre. Les maires de Gênes, Silvia Salis, et de Novi Ligure, Rocchino Muliere, ont qualifié cette annonce de fermeture de « totalement inacceptable ». Selvia Salis a déclaré qu’il s’agissait d’« une perspective intenable pour les travailleurs, pour Gênes et Novi Ligure, et pour toute l’industrie sidérurgique de notre pays ».

Le président de la région Ligurie, Marco Bucci, et son homologue du Piémont, Alberto Cirio, ont décrit la fermeture des usines de Cornigliano, Novi Ligure et Racconigi comme « une nouvelle extrêmement grave, non seulement pour la Ligurie et le Piémont, mais pour toute l’industrie sidérurgique italienne, qui est stratégique pour l’avenir industriel du pays ». Les syndicats ont eux aussi rejeté l’idée d’une fermeture. Michele de Palma, secrétaire général de la Fiom-Cgil, qui a participé à la réunion du Palazzo Chigi, a déclaré que les travailleurs avaient fait preuve d’une grande responsabilité et que le coût des décisions et des erreurs ne devait pas leur être imputé.

Le syndicat USB a affirmé que la stratégie industrielle du pays « n’est pas décidée par la justice », et Sasha Colautti, membre de sa direction nationale, a estimé que l’impuissance du gouvernement face aux tribunaux ne devait pas devenir une excuse. Si les hauts fourneaux de Tarente sont mis hors chauffe avant l’arrêt de la Cour suprême, un arrêt définitif de la partie chaude ne laisserait aucune possibilité de redémarrage et priverait de toute portée une éventuelle décision de justice. M. Mantovano a indiqué que le gouvernement se concentrait sur une production d’acier vert reposant sur des usines de réduction directe du fer et des fours électriques, à condition que cela s’inscrive dans un plan industriel crédible.

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