Les cas de Salmonelle en hausse en Europe, coûtant des milliards au continent

Les autorités de la sécurité alimentaire en Europe font face à un défi sanitaire persistant et croissant, les infections à Salmonelle augmentant régulièrement depuis 2020, imposant un poids considérable aux systèmes de santé et aux économies de tout le continent. Le coût financier de cette maladie bactérienne est estimé à hauteur de 3 milliards d’euros par an, selon les rapports, ce qui en ferait l’une des maladies d’origine alimentaire les plus coûteuses affectant la région.

La Salmonelle, une bactérie couramment transmise par la volaille contaminée, les œufs, les produits laitiers et les produits frais, demeure l’une des principales causes d’intoxication alimentaire dans les États membres de l’Union européenne. Les organismes de surveillance sanitaire ont enregistré une augmentation notable des cas signalés au cours des dernières années, suscitant des préoccupations chez les responsables de la santé publique et les régulateurs de la sécurité alimentaire quant à l’efficacité des mesures actuelles de prévention et de contrôle.

Quels pays sont les plus touchés ?

Bien que des épidémies de Salmonelle aient été documentées sur l’ensemble du continent, certaines régions ont enregistré des taux d’infection disproportionnément plus élevés. Les pays d’Europe centrale et orientale figurent historiquement parmi ceux présentant des nombres de cas élevés, en partie en raison de la structure de leurs secteurs agricole et avicole, selon les rapports. Pendant ce temps, les plus grands pays d’Europe occidentale, de par leur taille de population et leurs systèmes intensifs de production alimentaire, représentent aussi une part substantielle du nombre total de cas enregistrés chaque année.

Les épidémiologistes notent que les chiffres signalés sous-représentent probablement l’ampleur réelle du problème, puisque de nombreux cas bénins d’infection à Salmonelle ne sont pas diagnostiqués ou ne sont jamais formellement enregistrés auprès des autorités sanitaires nationales. Les systèmes de surveillance varient en termes de sensibilité et de couverture d’un État membre à l’autre, ce qui peut compliquer les comparaisons directes transfrontalières et l’identification de sources d’épidémies communes.

Les épidémies ont à plusieurs reprises été retrancées jusqu’à des points spécifiques de la chaîne alimentaire, notamment les installations de production d’œufs, les usines de transformation de volaille et les réseaux de distribution alimentaire internationaux. La nature interconnectée du marché unique européen signifie qu’un événement de contamination dans un pays peut rapidement affecter les consommateurs de plusieurs autres, car les produits affectés circulent librement à travers les frontières avant qu’un problème ne soit identifié et qu’un rappel ne soit lancé.

Les régulateurs de l’Union européenne ont longtemps maintenu des règles obligeant les États membres à mettre en œuvre des programmes de contrôle nationaux ciblant la Salmonelle dans les élevages de volaille, avec des objectifs de réduction spécifiques fixés pour les souches les plus significatives sur le plan épidémiologique. Les responsables affirment que des progrès ont été réalisés dans la réduction de la prévalence au sein des élevages commerciaux au cours des deux dernières décennies, bien que la récente augmentation des cas chez l’homme suggère que des défis persistent, notamment autour des souches émergentes et des voies de transmission autres que la volaille.

Les coûts économiques associés à la Salmonelle vont bien au-delà du traitement médical direct. Les jours de travail perdus, les complications de santé à long terme chez les patients vulnérables, les rappels de produits, les perturbations industrielles et la charge administrative des enquêtes épidémiologiques contribuent tous à l’estimation annuelle plurimilliardaire en euros. La confiance des consommateurs dans la sécurité alimentaire peut également être ébranlée par des événements épidémiques médiatisés, avec des effets induits pour les secteurs agricoles spécifiques. Les organismes de santé publique continuent d’exhorter l’industrie et les consommateurs à observer des normes d’hygiène rigoureuses à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, de la ferme à la table, comme le moyen le plus fiable de réduire le risque d’infection.

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