La crise du logement étudiant s’aggrave au Portugal : les loyers à Lisbonne dépassent les 500 euros

Le Portugal fait face à une crise croissante du logement étudiant, tandis que des dizaines de milliers de nouveaux étudiants s’inscrivent dans un marché locatif déjà saturé, avec des prix moyens des chambres à Lisbonne dépassant désormais les 500 euros par mois — un seuil qui aurait semblé extraordinaire il y a seulement quelques années.

Près de 50 000 étudiants ont obtenu une place dans des établissements d’enseignement supérieur à travers le pays cette année académique, exerçant une pression considérable sur un secteur du logement déjà fragilisé. Selon les rapports, la combinaison d’une demande en hausse, d’une offre de chambres en contraction et de loyers obstinément élevés rend de plus en plus difficile pour les étudiants — en particulier ceux issus de familles à revenus modestes ou vivant en dehors des grandes villes — de trouver un logement abordable près de leur lieu d’études.

Lisbonne, qui accueille certaines des universités les plus prestigieuses du Portugal, subit de plein fouet cette pression. Les prix des loyers de chambre dans la capitale ont désormais franchi la barre des 500 euros mensuels en moyenne, selon les rapports suivant le marché du logement étudiant, plaçant la plus grande ville du Portugal parmi les destinations les plus coûteuses pour les étudiants locataires en Europe du Sud. Porto, la deuxième ville du pays et un autre pôle majeur d’enseignement supérieur, connaît également des augmentations de prix notables, bien que les coûts restent légèrement inférieurs à ceux observés dans la capitale.

L’offre peine à suivre la croissance de la population étudiante

L’offre ne présente guère de perspectives encourageantes. Le nombre de résidences universitaires spécialisées et de chambres privées disponibles à la location n’a pas augmenté au rythme de l’expansion de la population étudiante, affirment les analystes. Plusieurs facteurs contribuent à cette pénurie, notamment la concurrence persistante pour les propriétés résidentielles provenant des locations de courte durée liées au tourisme, les pressions inflationnistes plus larges dans le secteur de la construction, et une réticence générale des propriétaires privés à s’engager dans des locations longue durée à faible rendement destinées aux étudiants, lorsque d’autres options s’offrent à eux.

La situation a relancé le débat parmi les étudiants, les administrateurs universitaires et les groupes de défense du logement concernant l’adéquation de l’investissement public dans les infrastructures estudiantines. Les autorités ont reconnu la gravité du problème, et des appels ont été lancés pour une intervention gouvernementale afin d’augmenter le parc de logements étudiants subventionnés et d’introduire des cadres réglementaires plus solides pour protéger les étudiants locataires contre les augmentations annuelles de loyer abruptes.

Pour de nombreux étudiants en provenance de petites villes et de zones rurales, le fardeau financier des loyers urbains égale ou dépasse désormais le coût des frais de scolarité eux-mêmes, soulevant des questions sur l’impact à long terme sur l’accès à l’enseignement supérieur. Les critiques avertissent que sans changements structurels significatifs du marché du logement, le Portugal risque de créer un système universitaire à deux vitesses, dans lequel l’origine géographique et la situation socioéconomique déterminent non seulement le lieu d’études d’un étudiant, mais aussi s’il peut étudier du tout.

La crise au Portugal reflète les tendances plus larges observées en Europe, où les villes universitaires allant de Dublin à Amsterdam en passant par Barcelone ont eu du mal à concilier la croissance des populations étudiantes avec des marchés du logement déformés par des décennies de sous-investissement dans les logements publics et l’expansion rapide de l’économie de la location de courte durée. Pour le Portugal, cependant, l’enjeu revêt une urgence particulière, le pays s’efforçant de se positionner comme une destination de plus en plus attrayante pour les étudiants nationaux et internationaux — une ambition qui risque d’être compromise si le marché du logement ne peut pas suivre le rythme.

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