Le débat s’intensifie sur le maintien d’Israël dans les financements de recherche de l’UE après 2027

Un nouveau débat prend de l’ampleur dans les cercles politiques européens concernant la participation continue d’Israël au programme phare de recherche et d’innovation de l’Union européenne au-delà de son cycle de financement actuel, les partisans arguant que l’exclusion du pays nuirait finalement aux intérêts scientifiques et économiques de l’Europe elle-même.

Israël est membre associé du programme de recherche Horizon de l’UE depuis plusieurs décennies, ce qui confère aux universités israéliennes, aux jeunes entreprises et aux institutions de recherche un accès à des milliards d’euros de financements collaboratifs aux côtés de leurs homologues européens. Le cadre actuel de Horizon Europe s’étend jusqu’en 2027, et les négociations sur le programme qui le succèdera — censé couvrir la période 2028-2034 — devraient devenir un point de discorde majeur au sein des institutions européennes.

Dans un récent article d’opinion publié par Euronews, le commentateur Carsten Ovens a démontré qu’il ne s’agit pas simplement d’un geste diplomatique que de maintenir Israël dans l’Espace européen de la recherche, mais d’une nécessité stratégique pour le continent. Ovens a arguté que la concentration dense de sociétés technologiques, d’universités de premier plan et de talents en recherche fait d’Israël l’un des partenaires externes les plus précieux pour l’Europe en matière d’innovation, et que rompre ou limiter ces liens affaiblirait la position européenne dans la concurrence mondiale face aux États-Unis et à la Chine.

Valeur stratégique et pressions politiques

L’argument en faveur de la participation continue israélienne repose largement sur des considérations économiques et scientifiques. Israël figure régulièrement parmi les meilleurs performants du programme Horizon en termes de publications, de brevets et de collaborations de recherche transfrontalière. Des secteurs incluant la cybersécurité, l’agritech, les dispositifs médicaux et l’intelligence artificielle ont tous bénéficié de projets conjoints europo-israéliens, selon des rapports d’organismes de politiques de recherche suivant les résultats du programme.

Cependant, le contexte politique entourant la question a considérablement changé. Depuis le déclenchement du conflit à Gaza en octobre 2023, un certain nombre d’universités et d’organismes académiques européens ont suspendu leurs accords bilatéraux avec des institutions israéliennes, et des appels se sont multipliés dans certains milieux demandant à l’UE elle-même de reconsidérer les conditions de l’accord d’association d’Israël. Les détracteurs arguent qu’un accès continu sans conditions aux financements de l’UE envoie un signal politique problématique à un moment sensible des relations internationales.

Les responsables de l’UE ont jusqu’à présent maintenu que la coopération scientifique et les différends politiques sont des questions juridiquement et institutionnellement distinctes, et que tout changement du statut de membre associé d’Israël exigerait un processus d’examen formel impliquant les États membres. La Commission européenne n’a pas publiquement indiqué l’intention de modifier le cadre existant avant la date limite de 2027.

Les années à venir devraient voir s’intensifier les efforts de lobbying des deux côtés du débat. Les voix favorables à l’engagement, y compris celles de la tradition politique libérale allemande d’où écrit Ovens, soulignent que la compétitivité technologique à long terme de l’Europe dépend de la préservation de partenariats de recherche ouverts avec les démocraties au-delà des frontières du continent. Les opposants contre-argumentent que la crédibilité de l’UE en tant qu’institution fondée sur les valeurs exige une plus grande cohérence entre ses décisions de financement et ses engagements déclarés en matière de droit international et de droits de l’homme.

Avec le début des négociations formelles sur le cadre de recherche post-2027 attendu pour les prochains mois, la question de la place d’Israël dans l’Espace européen de la recherche semble appelée à devenir l’une des dimensions les plus politiquement chargées d’un processus budgétaire par ailleurs technocratique.

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