Le trilogue AI Act Omnibus reprend le 13 mai : la présidence chypriote a quelques semaines pour sauver le report à décembre 2027

Le troisième trilogue politique sur l’AI Act Omnibus de l’UE est prévu pour environ le 13 mai 2026, deux semaines après l’effondrement du deuxième trilogue le 28 avril, après environ douze heures de négociation. Cette session de suivi est la dernière opportunité réaliste de la présidence du Conseil chypriote pour clore le dossier avant la fin de son mandat le 30 juin 2026 — avec le délai initial d’2 août 2026 pour l’IA à haut risque désormais visible à l’horizon.

Pourquoi le 28 avril a échoué

Le trilogue du 28 avril ne s’est pas effondré sur les éléments phares de l’Omnibus, qui avaient globalement convergé. Le Parlement et le Conseil avaient tous deux convenu du report des obligations relatives à l’IA à haut risque au 2 décembre 2027 pour les systèmes autonomes de l’annexe III et au 2 août 2028 pour l’IA intégrée aux produits de l’annexe I. Tous deux avaient convenu de l’interdiction des images intimes non consenties générées par l’IA et du matériel d’abus sexuels d’enfants. Tous deux avaient convenu de la base de données d’enregistrement rationalisée et de la base juridique élargie pour la détection des biais. Le désaccord portait sur une seule question architecturale : l’évaluation de la conformité de l’IA dans les produits réglementés au titre de l’annexe I.

Le conflit section A versus section B

L’annexe I couvre l’IA en tant que composante de sécurité dans les produits déjà régis par la législation sectorielle de l’UE — machines, dispositifs médicaux, dispositifs de diagnostic in vitro, jouets, téléphériques, appareils à gaz, équipements sous pression, équipements radioélectriques. Les produits de la section A sont actuellement soumis à un régime combiné où l’évaluation de la conformité sectorielle s’applique et les exigences de l’AI Act s’y superposent. La position de négociation du Parlement, appuyée par l’Allemagne, visait à transférer certains ou tous les produits de l’annexe I-A à la section B, rendant l’évaluation de la conformité sectorielle le mécanisme principal et intégrant les exigences de l’AI Act dans les cadres existants de sécurité des produits. Le Conseil a résisté. Aucun n’a cédé. Le dossier s’est effondré.

Pourquoi c’est substantiel

Le lieu où l’évaluation de la conformité s’effectue détermine qui désigne les organismes notifiés, quelles règles s’appliquent aux mises à jour logicielles et comment le pouvoir d’application du Bureau de l’IA s’articule avec les régulateurs sectoriels. Le Standing Committee of European Doctors a appelé à ce que les dispositifs médicaux restent dans le champ d’application direct de l’AI Act — craignant qu’un traitement principalement sectoriel ne dilue les protections des droits fondamentaux. EDRi et quarante autres organisations de la société civile ont repris cette préoccupation. La résistance du Conseil était substantielle, non procédurale.

Ce que le 13 mai peut livrer

Quatre scénarios sont désormais plausibles. Clore le dossier rapidement en mai (objectif préféré de Chypre) suppose que le Parlement abandonne le déplacement vers la section A, en échange d’engagements procéduraux sur la coordination sectorielle. Un accord tardif sous la présidence lituanienne commençant le 1er juillet reste possible, mais le délai initial d’août 2026 s’appliquerait légalement même si la Commission pourrait émettre des orientations de tolérance. Un accord scindé — divisant l’annexe I en une piste législative distincte et adoptant le reste de l’Omnibus sur les termes précédemment convenus — est la solution la plus élégante mais introduit sa propre complexité technique. Un scénario sans accord, où l’Omnibus ne passe pas avant le 2 août 2026, est maintenant un scénario réaliste à 30 %, contre 10 % de risque marginal avant le 28 avril.

Ce que les entreprises doivent faire

Les conseils juridiques des grands cabinets — DLA Piper, Ropes & Gray, A&O Shearman, Bird & Bird — convergent sur un seul message : continuez à planifier sur la base du délai initial du 2 août 2026. L’Omnibus reste une proposition législative jusqu’à son adoption ; jusqu’à sa publication au Journal officiel, seul l’AI Act tel qu’adopté en 2024 s’applique. Les interdictions de l’article 5 et l’exigence de culture de l’IA au titre de l’article 4 sont déjà en vigueur depuis le 2 février 2025 ; les obligations relatives à l’IA à usage général prévues aux articles 50 à 55 depuis le 2 août 2025. Le mois qui vient déterminera si le régime à haut risque s’y ajoute cet été ou dix-huit mois plus tard.

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