La Banque d’Angleterre maintient ses taux inchangés malgré les pressions inflationnistes et les divisions internes
La Banque d’Angleterre a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 3,75%, tandis que l’inflation atteint son plus haut niveau depuis cinq mois et que de profondes divisions au sein des décideurs politiques signalent une incertitude croissante quant à l’orientation de la politique monétaire au Royaume-Uni.
La décision, rendue lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire (CPM), a été loin de faire l’unanimité. Trois des neuf membres du comité ont voté en faveur d’une hausse des taux, tandis que les six autres ont soutenu leur maintien. Ce vote de 6 voix contre 3 reflète l’équilibre de plus en plus difficile auquel est confrontée la banque centrale, qui tente de maîtriser les pressions inflationnistes sans compromettre une reprise économique fragile.
L’inflation des prix à la consommation s’est élevée à 3,1%, selon les rapports accompagnant la décision — son plus haut niveau en cinq mois, que les responsables ont en partie attribué au choc énergétique qui se répercute sur les marchés européens suite à l’intensification du conflit impliquant l’Iran. La hausse des coûts énergétiques s’est répercutée sur les factures des ménages et sur les chaînes d’approvisionnement, compliquant les efforts de la Banque pour ramener l’inflation vers son objectif de 2%.
Le choc énergétique complique les perspectives inflationnistes
Les turbulences géopolitiques découlant de la guerre en Iran ont fait monter les prix de l’énergie sur tout le continent, exerçant une pression à la hausse sur l’inflation au Royaume-Uni et ailleurs. Pour la Banque d’Angleterre, cela représente un choc d’offre externe qui est difficile à traiter uniquement par la politique des taux d’intérêt. Relever les taux de manière agressive risque de ralentir la croissance et de pressuriser les ménages déjà financièrement fragilisés, tandis que maintenir les taux trop longtemps pourrait permettre aux anticipations inflationnistes de s’enraciner.
La minorité des trois membres du CPM qui ont plaidé pour une hausse des taux ont fait valoir, selon les rapports, que la persistance d’une inflation supérieure à l’objectif justifiait une réponse plus restrictive. Ceux qui ont soutenu le maintien semblaient accorder un plus grand poids aux risques pesant sur la croissance économique et à la possibilité que le pic des prix lié à l’énergie ne s’avère temporaire une fois que les conditions géopolitiques se stabiliseront.
Les marchés financiers avaient largement anticipé le maintien des taux avant l’annonce, mais l’ampleur du désaccord — plus importante que certains analystes ne l’avaient prévu — a provoqué une réaction modérée sur les marchés des devises et des obligations. La livre sterling a légèrement baissé suite à la divulgation du résultat du vote, reflétant les préoccupations des investisseurs selon lesquelles la Banque pourrait prendre du retard sur l’inflation, selon les rapports de marché.
Le résultat place la Banque d’Angleterre à côté de plusieurs autres grandes banques centrales navigant sur des eaux tout aussi turbulentes. Dans la zone euro, les responsables de la Banque centrale européenne ont également fait face à des pressions pour réagir aux pics d’inflation liés à l’énergie tout en restant prudents quant aux perspectives de croissance. La nature interconnectée de l’épisode inflationniste actuel — enracinée dans la perturbation géopolitique plutôt que dans une demande purement intérieure — fait que les outils de politique monétaire conventionnels sont au mieux un instrument peu nuancé.
La prochaine réunion programmée de la Banque sera étroitement observée pour déceler tout changement dans l’équilibre des opinions au sein du comité, notamment si les prix de l’énergie restent élevés ou si l’inflation montre d’autres signes de diffusion au-delà de l’énergie vers les catégories fondamentales. Les responsables ont indiqué que les décisions futures resteraient tributaires des données, laissant ouverte la possibilité d’une hausse des taux au cours des prochains mois si les pressions inflationnistes s’avéraient plus persistantes que prévu.
