Reform UK s’engage à mettre fin à l’accès aux allocations sociales pour tous les étrangers, y compris les citoyens de l’UE
Le parti d’extrême droite britannique Reform UK a annoncé une proposition politique majeure qui priverait tous les non-ressortissants britanniques de prestations sociales, une mesure qui toucherait les ressortissants de l’Union européenne et autres résidents étrangers vivant et travaillant au Royaume-Uni.
Robert Jenrick, qui exerce les fonctions de porte-parole économique du parti, a exposé cette position en termes sans équivoque lundi, affirmant que l’État-providence existe uniquement pour les citoyens britanniques et que ceux qui n’en sont pas ressortissants ne devraient avoir droit à aucune de ses prestations. Cette déclaration représente l’une des politiques les plus drastiques de restriction des allocations proposées par un grand parti politique dans l’histoire politique britannique récente.
L’annonce suscite une inquiétude immédiate des États membres de l’Union européenne, étant donné qu’un nombre significatif de citoyens européens demeurent au Royaume-Uni depuis le Brexit. Nombre d’entre eux se sont établis en Grande-Bretagne en vertu d’arrangements antérieurs au Brexit et y ont construit une vie professionnelle et familiale, contribuant souvent au système fiscal et d’assurance sociale national depuis des années, voire des décennies.
Questions juridiques et diplomatiques autour de la proposition
Les experts juridiques et les analystes des politiques migratoires devraient examiner attentivement cette proposition. Le système de règlement post-Brexit du Royaume-Uni a accordé à des millions de ressortissants européens le droit de rester dans le pays, et les priver d’allocations sociales pourrait soulever des questions importantes au regard du droit interne et de toute obligation subsistante découlant de l’accord de retrait du Brexit.
Les critiques ont d’ores et déjà commencé à soutenir que cette politique pénaliserait les personnes arrivées légalement, ayant contribué aux finances publiques par le biais des impôts et des cotisations d’assurance sociale, et ayant construit leur vie au Royaume-Uni en vertu d’un ensemble spécifique de garanties juridiques. Les syndicats et les organisations de défense des migrants devraient s’opposer fermement à toute tentative législative de mise en œuvre de telles mesures.
Reform UK, qui enregistre une progression régulière dans les sondages d’opinion et se positionne comme une force de rupture contestant les partis conservateur et travailliste, a présenté la proposition comme une mesure de responsabilité budgétaire visant à privilégier les contribuables britanniques. Le parti soutient que le système d’allocations est sous tension et que limiter l’accès aux citoyens réduirait les dépenses et concentrerait les ressources sur ce qu’il décrit comme les bénéficiaires visés.
Cependant, les économistes et les chercheurs en politique publique ont mis en garde : la relation entre migration et finances publiques est considérablement plus complexe qu’un tel discours ne le suggère. Les études menées dans plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, ont généralement montré que les migrants en âge de travailler tendent à être des contributeurs nets aux finances publiques plutôt que des bénéficiaires nets d’allocations, en particulier à court terme après leur arrivée.
Cette politique soulève également des questions plus larges quant à l’attrait du Royaume-Uni comme destination pour les travailleurs qualifiés d’Europe et d’ailleurs, à un moment où les entreprises britanniques des secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’accueil et de la technologie continuent de signaler des pénuries de main-d’œuvre importantes. Les organisations patronales ont précédemment averti que des restrictions agressives contre les résidents étrangers risquaient d’aggraver ces pénuries et de nuire à la production économique.
Reform UK n’a pas encore détaillé la manière dont une telle politique serait mise en œuvre en pratique, quels mécanismes transitoires s’appliqueraient aux résidents actuels, ou comment elle interagirait avec les traités bilatéraux et les accords commerciaux. Le parti n’est actuellement pas au gouvernement, mais ses annonces politiques gagnent en poids politique à mesure qu’il cherche à convertir ses résultats électoraux en représentation parlementaire en vue des prochaines élections.
