L’Islande expulse 21 militants anti-chasse à la baleine et leur interdit le territoire, confirme la police

Les autorités islandaises ont ordonné l’expulsion de 21 militants opposés à la chasse commerciale à la baleine et ont imposé des interdictions de territoire à leur encontre, selon les responsables de la police. Cette mesure marque une action répressive importante de la part de la nation nordique, qui reste l’un des rares pays au monde à autoriser encore les opérations de chasse commerciale à la baleine.

Les militants, dont les nationalités et les circonstances précises entourant leur détention n’ont pas été entièrement divulguées dans les déclarations officielles, ont été expulsés du territoire islandais suite à ce que les autorités ont décrit comme des activités liées à leur opposition à l’industrie baleinière du pays. Des interdictions de réentrée ont été imposées parallèlement aux expulsions, interdisant effectivement aux individus de retourner en Islande pour une période indéfinie, ont indiqué les autorités.

L’Islande a longtemps été un foyer de protestation internationale concernant la poursuite de la chasse commerciale à la baleine, une pratique qui attire les critiques virulentes des organisations environnementales et de bien-être animal à travers le monde. Le pays a repris la chasse commerciale en 2006 après un bref moratoire et a poursuivi cette pratique malgré les pressions internationales soutenues et les objections diplomatiques périodiques d’autres nations et de l’Union européenne.

Un enjeu persistant de discorde

L’Islande se tient aux côtés de la Norvège et du Japon comme les seuls pays qui continuent d’autoriser la chasse commerciale à la baleine, selon les rapports. Ces trois nations ont tous fait face à des critiques soutenues de la part des groupes de conservation et des organismes internationaux, notamment la Commission baleinière internationale, qui a établi un moratoire sur la chasse commerciale à la baleine en 1986. L’Islande, la Norvège et le Japon ont chacun contourné ce moratoire par divers mécanismes juridiques et procéduraux, permettant à leurs industries baleinières respectives de continuer à fonctionner.

Pour l’Islande, la chasse à la baleine revêt une importance culturelle et économique, particulièrement dans les communautés côtières où cette pratique a des racines historiques profondes. Les autorités islandaises et les représentants de l’industrie ont constamment argumenté que certaines espèces de baleines ciblées dans leurs eaux ne sont pas en danger et que la chasse à la baleine constitue une part légitime du patrimoine maritime du pays et de sa culture alimentaire. Les critiques, en revanche, soutiennent qu’aucune justification commerciale ne peut surpasser les préoccupations éthiques et de conservation concernant l’abattage des baleines.

L’activisme anti-chasse à la baleine en Islande s’est périodiquement intensifié en actions directes, avec des groupes de protestation envoyant des navires et du personnel dans les eaux et ports islandais pour documenter ou perturber les activités baleinières. Ces actions ont par moments mis les militants en conflit direct avec les forces de l’ordre locales et les autorités juridiques. L’expulsion de 21 individus à la fois représente l’une des réactions répressives les plus étendues dont on se souvienne, selon les rapports.

L’incident est susceptible de relancer le débat au sein des cercles européens sur la relation de l’Islande avec le cadre réglementaire et les valeurs européens plus larges. Bien que l’Islande ne soit pas membre de l’Union européenne, elle participe à l’Espace économique européen et entretient des liens étroits avec les institutions de l’UE. L’Union elle-même n’autorise pas la chasse commerciale à la baleine parmi ses États membres, et le bloc a à divers moments exprimé ses préoccupations concernant cette pratique. La manière dont les institutions européennes ou les gouvernements des États membres pourraient réagir à l’évolution la plus récente reste à voir, mais les organisations de défense des droits sont censées appeler à un engagement diplomatique renouvelé sur la question.

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