Trump envisage une Coupe du monde américaine en solitaire, écartant le Canada et le Mexique
Le président américain Donald Trump a signalé son désir de voir les États-Unis accueillir seuls une future Coupe du monde de la FIFA, excluant de facto le Canada et le Mexique de tout arrangement commun — un revirement brutal par rapport au tournoi tripartite de 2026 que les trois nations préparent actuellement ensemble.
Ces remarques, rapportées par Politico, interviennent alors que la Coupe du monde 2026 — déjà attribuée conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique — en est à un stade avancé de préparation. Malgré cet arrangement existant, Trump a clairement indiqué qu’il envisageait un futur tournoi accueilli par les États-Unis seuls, soulevant des questions sur l’intérêt de Washington pour les partenariats sportifs multilatéraux, même avec ses plus proches voisins et partenaires commerciaux.
Ces commentaires interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques et économiques importantes entre les États-Unis et le Canada et le Mexique, Trump ayant imposé ou menacé d’imposer des tarifs massifs sur les biens en provenance des deux pays ces derniers mois. Les analystes ont noté que les ambitions sportives du président semblent de plus en plus refléter ses instincts de politique étrangère plus larges, qui tendent à favoriser les arrangements bilatéraux ou unilatéraux plutôt que la coopération multilatérale.
Une proposition de co-organisation États-Unis-Chine entre en scène
Peut-être plus frappant encore est une révélation distincte contenue dans les mêmes rapports : celle selon laquelle le président de la FIFA, Gianni Infantino, aurait proposé l’idée d’une future Coupe du monde co-organisée par les États-Unis et la Chine. Un tel arrangement constituerait un spectacle géopolitique remarquable, réunissant deux nations dont la rivalité a caractérisé une grande partie de l’ère actuelle de la compétition mondiale dans les domaines du commerce, de la technologie et de l’influence militaire.
Aucune proposition formelle ni calendrier n’a été confirmé, et la FIFA n’a formulé aucune annonce officielle concernant les futures attributions de l’accueil au-delà de celles déjà attribuées. Néanmoins, la suggestion seule est susceptible de générer un débat considérable, tant au sein des instances dirigeantes du football qu’entre les décideurs à Washington et à Pékin. Il reste à savoir si l’administration Trump verrait un tel partenariat comme une opportunité ou une complication.
Pour les observateurs européens, ces développements revêtent une pertinence particulière. Plusieurs associations de football européennes et l’UEFA ont depuis longtemps des intérêts dans les droits d’accueil de futures Coupes du monde, et tout changement dans l’orientation stratégique de la FIFA vers des arrangements de co-organisation à grande échelle fondés sur la géopolitique pourrait affecter les ambitions propres du continent. Une candidature conjointe de plusieurs nations européennes a été discutée dans divers milieux pour les cycles 2030 et 2034, bien que ce dernier ait déjà été attribué à l’Arabie saoudite.
La Coupe du monde 2026 reste en bonne voie, avec des matches prévus dans 16 villes hôtes des trois nations nord-américaines, incluant des grands stades aux États-Unis comme le MetLife Stadium au New Jersey, qui doit accueillir la finale. Les responsables canadiens et mexicains n’ont pas réagi publiquement aux dernières remarques de Trump, bien que tout mouvement formel visant à restructurer les arrangements d’accueil à ce stade se heurterait à d’énormes obstacles logistiques et contractuels. Pour l’instant, les commentaires de Trump semblent refléter une préférence personnelle et une aspiration à long terme plutôt que toute action politique imminente — bien qu’avec l’administration actuelle, la distance entre l’aspiration et l’intention exécutive se soit souvent avérée plus courte que prévu.
