L’AIE avertit l’Europe qu’elle fait face à des risques énergétiques sérieux en cas de fermeture du détroit d’Ormuz

L’Europe ne doit pas supposer qu’elle est protégée des conséquences potentiellement dévastatrices d’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, a averti le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, en mettant en garde contre les risques que l’autosatisfaction en matière de sécurité énergétique mondiale pourrait s’avérer coûteuse pour le continent et le reste du monde.

Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE basée à Paris, a formulé ces remarques lors d’une interview accordée à Euronews, soulignant que toute perturbation soutenue de l’un des plus importants couloirs de transit pétrolier et gazier mondiaux provoquera des chocs bien au-delà du Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, un passage étroit entre l’Iran et Oman, constitue le point de passage d’environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, ce qui en fait un élément clé des marchés énergétiques mondiaux.

Les commentaires de Birol interviennent à une période de tensions géopolitiques accrues dans la région, l’instabilité persistante suscitant des préoccupations parmi les analystes énergétiques et les responsables politiques quant à la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Selon les rapports, le chef de l’AIE a décrit comme une erreur significative le fait que les gouvernements ou populations européens croient que la géographie ou les efforts récents de diversification énergétique les protégeraient d’un scénario catastrophe.

Pourquoi l’Europe ne peut pas se détourner de cette question

Bien que l’Europe ait pris des mesures significatives pour réduire sa dépendance à l’égard de l’énergie russe suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou en 2022 — y compris l’augmentation des importations de gaz naturel liquéfié et l’accélération du déploiement des capacités énergétiques renouvelables — les analystes notent que le continent reste profondément intégré aux marchés mondiaux des combustibles fossiles. Un choc majeur de l’approvisionnement en provenance du Golfe ferait monter les prix à l’échelle internationale, indépendamment de la source immédiate des importations des pays européens.

L’AIE a précédemment souligné que le pétrole est une matière première échangée mondialement, ce qui signifie qu’une perturbation n’importe où dans la chaîne d’approvisionnement se répercute sur tous les pays importateurs par le biais des mécanismes de prix. Une fermeture du détroit d’Ormuz, même temporaire, déclencherait probablement une augmentation brutale des prix du pétrole brut, qui se répercuterait sur les coûts du carburant, l’inflation et les pressions économiques plus larges en Europe et au-delà.

La sécurité énergétique a regagné le sommet de l’agenda politique européen au cours des dernières années, d’abord en raison des retombées du conflit russo-ukrainien et désormais en raison des tensions persistantes sur plusieurs fronts au Moyen-Orient. Les États membres de l’UE et la Commission européenne ont investi un capital politique considérable dans la constitution de réserves stratégiques et la conclusion de nouveaux partenariats d’approvisionnement, mais les responsables reconnaissent que la transition loin des combustibles fossiles reste inachevée.

L’intervention du chef de l’AIE constitue un rappel cinglant que le défi de la sécurité énergétique auquel l’Europe fait face n’est pas simplement une question de gaz russe, mais d’un système mondial bien plus complexe et interconnecté. Le message de Birol, selon les rapports, était sans ambiguïté : les risques sont réels, ils sont présents, et les écarter serait un grave erreur de calcul. Pour les décideurs politiques européens qui doivent concilier des priorités économiques et géopolitiques concurrentes, l’avertissement souligne l’urgence de maintenir la vigilance et de continuer à accélérer la transition vers les énergies propres en tant que meilleure protection à long terme contre la volatilité de l’approvisionnement mondial.

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