Le Forum africain des systèmes alimentaires confronte le déficit d’investissement qui freine la croissance agricole
Partout en Afrique, un fossé persistant et coûteux s’est creusé entre les promesses audacieuses faites par les gouvernements, les banques de développement et les bailleurs de fonds internationaux pour transformer les systèmes alimentaires du continent et le flux réel de capitaux parvenant aux entreprises et entrepreneurs capables de concrétiser ce changement. Le Forum africain des systèmes alimentaires, qui réunit décideurs politiques, investisseurs et leaders de l’agrobusiness, a placé cet écart au cœur de son agenda, pressant les parties prenantes à dépasser les déclarations pour s’engager vers un financement déployable.
Le défi n’est pas nouveau, mais il est devenu plus urgent. La population africaine devrait doubler d’ici le milieu du siècle, exerçant une énorme pression sur la production, la distribution et l’accessibilité alimentaires. Selon les rapports, malgré des années d’engagements de haut niveau de la part des gouvernements africains et des partenaires internationaux au développement, le capital privé nécessaire pour développer des entreprises agricoles viables sur tout le continent reste obstinément insuffisant. Les petites et moyennes entreprises opérant dans les chaînes de valeur alimentaires citent régulièrement l’accès au financement comme leur principal obstacle à la croissance.
Combler le fossé entre les promesses et la réalité
Les participants au forum ont examiné une série de barrières structurelles qui empêchent le capital de parvenir où il est le plus nécessaire. Celles-ci incluent les perceptions de risque qui dissuadent les prêteurs commerciaux, une infrastructure financière limitée en zones rurales, la volatilité des devises et la difficulté de constituer des pipelines de projets bancables sur des marchés dotés de cadres réglementaires faibles. Les institutions de financement du développement, les mécanismes de financement mixte et les investisseurs d’impact ont tous été identifiés comme des passerelles potentielles entre les engagements publics et le déploiement privé, bien que les critiques soutiennent que ces instruments restent trop lents et trop limités en envergure pour faire une différence décisive.
Les partisans du forum ont soutenu que ce qui est requis n’est pas simplement plus d’argent, mais un financement plus intelligent — des structures de financement adaptées aux réalités de l’agrobusiness africain plutôt que transposées en bloc d’autres marchés. Le prêt en monnaies locales, un capital patient avec des horizons de rendement plus longs, et l’assistance technique associée à l’investissement figuraient parmi les approches discutées comme des alternatives plus appropriées aux instruments d’endettement conventionnels, selon les rapports de l’événement.
Parallèlement, une histoire distincte mais symboliquement significative de renouvellement des infrastructures se déroulait dans la capitale de la République démocratique du Congo. Le réseau ferroviaire de banlieue de Kinshasa, qui était hors service depuis environ 15 ans, a repris ses opérations, apportant un certain soulagement à l’une des plus grandes métropoles africaines, la plus congestionnée et en expansion rapide. Les autorités ont décrit le retour du service ferroviaire comme une étape importante vers l’atténuation de la crise chronique de la mobilité qui a longtemps entravé l’activité économique et la vie quotidienne de la ville.
La renaissance ferroviaire de Kinshasa, aussi modeste soit-elle par rapport à l’ampleur des besoins en transports de la ville, fait écho au thème plus large animant le forum des systèmes alimentaires : l’importance d’investir dans les infrastructures de base et les capacités productives plutôt que de laisser les ambitions s’enliser par l’inaction. Ces deux développements reflètent une reconnaissance croissante sur tout le continent que les engagements sans suivi entraînent un coût croissant.
Pour le secteur alimentaire africain, les enjeux vont bien au-delà des considérations économiques. L’insécurité alimentaire, la fragilité des chaînes d’approvisionnement et le sous-investissement agricole ont des conséquences directes sur la stabilité politique, la santé publique et le bien-être humain dans des dizaines de nations. Les participants au forum ont conclu que la voie à suivre exige une action coordonnée des gouvernements, du secteur privé et des institutions internationales — et, de manière cruciale, une volonté de placer le capital où il peut générer un impact durable et mesurable plutôt que là où il est simplement plus commode de le déployer.
